Mc 15,22-26 JÉSUS EST CLOUÉ À UNE CROIX

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 15,22-26  JÉSUS EST CLOUÉ À UNE CROIX

( voir aussi Matthieu 27,33-37 ; Lc 23,33-34 )

Les événements se précipitent. L’irrémédiable s’accomplit presque machinalement, sans obstacles, sans résistances. Dans ce climat de fatalité, Marc prend soin de souligner la portée étrange des épisodes, en montrant combien les Écritures s’y trouvent accomplies.

L’histoire est fort précise avec de nombreuses notations chronologiques et des indications de lieu (voir vv.22.25.33-34). L’effort fait pour traduire plusieurs expressions araméennes indique également une insistance de narrateur : chaque expression s’en voit à la fois soulignée et interprétée en toute clarté. L’effet réaliste en est accru, et la communication gagne en gravité.

De la crucifixion et de la mort de Jésus, Marc nous laisse un résumé très succinct, très sobre

v. 22 : « Et ils amenèrent Jésus à l’endroit appelé Golgotha, c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne, ou Calvaire. »

Le mot Golgotha est la transcription d’un mot araméen. Il désignait une colline sur laquelle fut construite plus tard l’Église du Saint-Sépulcre.

v. 23 : « Ils lui offraient du vin aromatisé de myrrhe ; mais il n’en prit pas ».

Il s’agit d’un breuvage enivrant que les femmes juives compatissantes (cf. Lc 23,37…) avaient coutume d’offrir aux suppliciés pour atténuer leurs souffrances. Jésus a refusé ce stupéfiant.

v. 24 : « Alors ils le crucifient, puis se partagent ses vêtements, en tirant au sort pour savoir la part de chacun ».

Le crucifiement pouvait se faire soit avec des liens, soit avec des clous. Pour Jésus ce furent les clous (cf. Lc 24,39 ; Jn 20,20), accomplissant ainsi les Écritures : « Ils me percent les mains et les pieds » (Ps 22(21),17).

Les vêtements du condamné revenaient à ceux qui avaient exécuté la condamnation. En rapportant ce partage, Marc fait à nouveau référence à l’accomplissement des Écritures : « Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement » (Ps 22(21),19). C’est ainsi que, mystérieusement et malgré les apparences, Dieu est à l’œuvre tout au long de la Passion de Jésus.

v. 25 : « Il était neuf heures lorsqu’on le crucifia ».

En mentionnant nettement dans son récit les trois grandes heures de la prière juive [“troisième heure” = 9 heures (v.25) ; “sixième heure” = 12 heures (v.33) ; “neuvième heure” = 15 heures (v.34) ] , qui deviendront aussi les heures de la prière chrétienne, Marc suggère que la mort du Christ est la vraie prière et le vrai culte à rendre à Dieu, le culte qui remplacera totalement la liturgie du Temple. Le déchirement du voile du Temple (v.38) aura la même signification. À la lumière de la tradition évangélique, ces heures évoquent désormais la mort du Christ.

Marc est le seul évangéliste à préciser que Jésus est resté six heures en croix.

v. 26 : « L’inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots : “Le roi des Juifs” ».

Ou peut-être : « Le roi d’Israël » ? (cf. plus loin, le verset 32)…

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