LA COURONNE DE L'AVENT présentée par le P. Anselm GRÜN
Dans l'Antiquité déjà, la couronne symbolisait la vicxtoire et les honneurs. On la plaçait, richement ornée, sur la tête du vainqueur. La couronnne de l'Avent est le signe de l'hommage rendu au Seigneur qui va venir; lorsqu'il vient dans sa majesté, ce symbole de la victoire lui est dû. Dans le christianisme, la couronne antique prend un auitre sens encore. Elle indique la conquête du salut; elle montre que par Jésus-Christ notre vie accède à sa totalité et à sopn intégrité. Elle est la promesse solennelle que cette vie, si souvent déchirée et incohérente parce que tanrt de choses s'y trouvent simplement juxtaposées, sans lien entre elles, peut recouvrer la plénitude et l'harmonie. Au terme de l'année qui s'achève, alors que commence l'année ecclésiale, la couronne de l'Avent a pour but de nous conforter dans l'espoir que notre vie szera une réussite. Même si l'année écoulée nous a apporté bien des échecs, ceux-ci peuvent être métamorphosés par le recueillement, le silence et la prière, et intégrés à l'ensemble de notre existence de telle façon qu'elle retrouve une cohérence.
La couronne de l'Avent a quatre bougies. A l'origine, elles n'ont pas d'autre fonction que de compter les dimanches de l'Avent : chaque dimanche, on allume une nouvelle bougie, de telle sorte que le nombre de bougies allumées rend plus intense notre attente de la Nativité. Mais le nombre quatre a de plus une valeur symbolique. Quatre, c'est le nombre des éléments et des points cardinaux. Dessinant un carré, il représente la quintessence de tout ordre. Quand les quatre bougies brûlent sur le cercle de la couronne, toutes les oppositions sont réconciliées dans cette union du cercle et du carré. Ce que nous appelons dans le langage courant la quadrature du cercle, c'est en fin de compte une tâche impossible, qui excède nos forces. Cette conciliation que nous ne pouvons pas réussir, le Christ l'accomplit en venant vers nous et en pénétrant dans notre coeur.
Dans la Bible, de nombreux passages font apparaître le nombre quatre comme un nombre sacré. Quatre fleuves ont leur source au paradis. Les évangélistes sont au nombre de quatre, ainsi que leurs symboles. Le nom de Yahvé s'écrivait en quatre lettres. Formée d'un cercle et d'un carré, la couronne de l'Avent a la forme d'un mandala, l'une de ces images à partir desquelles on médite, en Inde, pour accéder à l'unité avec le divin. Pour Carl Gustav Jung, le mandala est l'image de l'accession de l'être humain au Soi, à la complétude, le symbole de son accomplissement : il montre à la fois la collision des opposés et leur conciliation. Selon Jung, la quaternité fait partie de ces images archétypiques qui sont immanentes à l'âme et activent le processus de l'individualisation. Quatre, c'est aussi le nombre de la préparation à la métamorphose. Le peuple d'Israël doit cheminer quarante ans dans le désert avant d'accéder à la terre Promise. Il faut quarante années à l'être humain pour parvenir, à travers la crise du milieu de la vie, au véritable coeur de sa personnalité.
Les quatre semaines préliminaires à la Nativité symbolisent le temps de l'attente de la transformation.
P. Anselm GRÜN
Petite méditation sur les fêtes de Noël
p.60.