Mc 1,29-31 JÉSUS GUÉRIT LA BELLE-MÈRE DE SIMON
Mc 1,29-31 : JÉSUS GUÉRIT LA BELLE-MÈRE DE SIMON
( voir aussi Matthieu 8,14-15 et Luc 4,38-39 )
Cette guérison est aussi rapportée en Matthieu et en Luc : chacun y ajoutant sa note personnelle. MARC personnalise le récit par quelques traits qui lui viennent directement de Pierre. Il est le seul des synoptiques à mentionner la présence d’André, de Jacques et de Jean ; il décrit le geste de Jésus s’approchant de la malade et la faisant lever en la prenant par la main ; incidemment, il nous indique que Simon et André vivaient ensemble, lorsqu’il parle de “la maison de Simon et d’André”.
v. 29 : « En quittant la synagogue, Jésus, accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. »
Après avoir enseigné dans la synagogue, et libéré l’homme possédé, Jésus se rend, avec ses quatre premiers disciples, dans la maison de deux d’entre eux. Il passe du lieu public au lieu privé. Son action doit s’exercer dans tous les secteurs de la vie.
Jésus ne se sépare pas de ses disciples : ils sont toujours avec lui. Ce groupe d’hommes n’a pas dû passer inaperçu dans les rue de Capharnaüm. Il est vrai que la synagogue était proche de la maison de Simon et d’André.
v. 30 : « Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. »
v. 31 : « Jésus s’approcha d’elle, la prit par la main, et il la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. »
Toute maladie porte en elle le signe de la fragilité de notre condition humaine ; il suffit d’une fièvre pour terrasser une personne, même solide, et l’obliger à cesser le travail et à garder le lit.
Jésus vient de montrer que la Bonne Nouvelle qu’il apporte peut être une “proclamation”, mais aussi une “action”, c’est-à-dire, une libération, une guérison.
A peine a-t-il franchi le seuil de la maison qu’on lui parle de la malade. Marc est très bref dans sa description : en cinq verbes tout est réglé ! Mais ces deux courtes phrases méritent d’être méditées longuement, en contemplant la scène…
Jésus se rend immédiatement auprès de la malade : quelle bonté dans le regard ! Pas besoin de parole, un geste suffit : il lui prend la main et la fait « se lever ». Le verbe grec employé est très important : il signifie « ressusciter ». Marc utilisera le même mot pour de la résurrection de la fille de Jaïre : « Lève-toi ! » (Mc 5,41) et pour la résurrection de Jésus (Mc 12,26 et 16,6). Ainsi pour Marc, cette guérison concrète est un « signe » au sens fort, une sorte de parabole qui annonce le Règne de Dieu « quand il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance… Quand Dieu essuiera toute larme et vaincra la mort… » (Ps 30,12 ; Ap 21,1.4). Le seul vrai « Salut » de l’homme, ce n’est pas la guérison transitoire d’une fièvre passagère, c’est la résurrection.
La vraie guérison que Jésus offre, c’est de passer de la « non-foi », à la « foi » : celui qui accueille la foi en Jésus, sait déjà qu’il est sauvé de la mort. Alors, il « se lève » pour « servir » : c’est ce que fit d’elle-même a malade guérie par Jésus, preuve que la guérison a été immédiate et complète. « La fièvre la quitta » écrit Marc, ce qui manifeste la maîtrise que Jésus a sur les forces du mal quelles qu’en soient les manifestations.
« Le mal que Jésus poursuit est beaucoup plus profond que celui qui atteint les corps. C’est le cœur, c’est le « centre » de l’homme qui est malade… quand il ne « sert » pas ses frères. En disant que la malade se lève et se met à « servir », Marc nous dit beaucoup plus qu’il n’en a l’air. Il se souvient de ce mot « servir » auquel Jésus donna un jour le sens de « donner sa vie » : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10,45). »
« Seigneur, par Ton Corps, guéris le cœur de l’homme, aujourd’hui !
Guéris-moi de moi-même,
Guéris-moi de mon égoïsme subtil,
Guéris-moi de ne pas mettre Dieu à la première place,
Guéris-moi de ne pas mettre « les autres » à la première place,
Guéris-moi de ne pas « servir »,
De ne pas « donner ma vie »,
De ne pas aimer ! »