Mc 9,1 LA VENUE PROCHAINE DU ROYAUME DE DIEU
Mc 9,1 LA VENUE PROCHAINE DU ROYAUME DE DIEU
Le regard sur la fin des temps (8,38) permet à Marc de rapporter une parole prophétique isolée où Jésus témoigne de sa conviction que le Règne de Dieu est proche.
v. 1 : « Et Jésus leur disait : “Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le règne de Dieu venir avec sa puissance. »
Cette phrase peut être comprise diversement selon les temps et les époques où elle fut reçue par les fidèles de Jésus, montrant ainsi comment grandit au cœur du monde le Royaume de Dieu.
Jésus d’abord avait pleinement conscience d’être lui-même ce Royaume. En lui, le Royaume de Dieu avait donc fait irruption dans le monde se manifestant avec puissance par des guérisons et des conversions.
La communauté chrétienne de Rome, à qui était adressé l’évangile de Marc, en avait aussi l’expérience. Le Royaume, c’était Jésus vivant en elle, perçu alors par une foi extraordinaire et attesté jusqu’au martyre.
Les chrétiens d’aujourd’hui peuvent aussi vérifier la vérité de cette parole : des signes leur sont donnés de la venue permanente du Royaume et d’abord, l’Église, qui ne vit que par Jésus vivant en elle avec puissance.
Ce devrait être en effet la grande préoccupation de ceux qui croient en Jésus que de chercher tous les jours à voir dans le monde le Royaume qui vient.
Mais cette parole prophétique de Jésus avait encore un autre sens plus précis.
Les disciples, déconcertés par l’annonce brutale de la mort de leur maître, allaient bientôt le voir dans une sorte de résurrection anticipée, et le Royaume de Dieu apparaissant en lui soudain avec puissance.
C’est ainsi que Marc introduit dans son Évangile la Transfiguration de Jésus, qu’il a placée entre la première et la seconde annonce de la Passion (9,2-10), qui illustre, d’une certaine façon, la réalisation anticipée du Royaume de Dieu.
La génération contemporaine de Jésus, à commencer par les apôtres eux-mêmes, seront témoins de cette puissance du Royaume de Dieu, inauguré par la résurrection du Christ, et se manifestant par les miracles accomplis sous leurs yeux : « C’est avec une grande force que les Apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus et la puissance de la grâce était sur eux tous » (Ac 4,33). « Par les mains des Apôtres, beaucoup de signes et de prodiges se réalisaient dans le peuple… On allait jusqu’à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des lits et des brancards : ainsi, quand Pierre passerait, il toucherait l’un ou l’autre de son ombre. Et même, une foule venue des villages voisins de Jérusalem amenait des gens malades ou tourmentés par des esprits mauvais. Et tous étaient guéris. » (Ac 5,12.15-16).