CHER SAINT MARC

Publié le par GITANS EN EGLISE

Cher saint Marc (25 avril 2012)

 

            Pour être le second dans nos Bibles, votre Évangile n’est pas secondaire, et pour être le plus court, il n’est pas le moins percutant !

            Le symbole du lion (ailé) vous convient bien, même s’il s’explique d’abord en référence à la voix qui crie dans le désert.

            Qui est cet homme ? Choisissez : pour ou contre ! Difficile d’échapper à cette interrogation, parce que vous racontez, vous montrez, et en vous lisant, il faut nécessairement faire un choix ! Vous montrez surtout que c’est dans l’abaissement absolu qu’éclate la divinité du nommé Jésus. Il ne faut pas donner de titres, il fait deviner. Vous êtes l’évangéliste du secret messianique.

            Deux épisodes très concrets ne sont pas repris par Luc et Matthieu qui ont écrits après vous : la guérison du sourd-muet et de l’aveugle sur lesquels Jésus ne prononça pas seulement une parole mais ajouta le signe de la boue ou de la salive. Vous êtes aussi le seul à mentionner la semence qui pousse d’elle-même. Détails vus ou entendus, transmis par Pierre, qui vous ont frappés (Mc 7,31-37 ; 8,22-26 ; 4,26-29).

            Au fait, qui êtes-vous cher saint Marc ?

            Votre patronyme gréco-romain Marc complétait votre prénom juif Jean. Les Actes vous désignent par l’un ou l’autre de ces vocables.

            Vous êtes probablement de la race d'Aaron, né en Galilée. Vous pourriez avoir fait partie du groupe des soixante-douze disciples du Sauveur ; mais vous apparaissez surtout dans l'histoire comme le compagnon fidèle de l'apostolat de saint Paul et surtout de saint Pierre dont vous devenez l’interprète.

            Miraculeusement libéré de sa prison par l’ange, Pierre « se repéra et gagna la maison de Marie », votre mère. « Il y avait là une nombreuse assistance en prière » : spacieuse demeure donc, dont une servante est prénommée Rhodè. Indices qui dénotent votre milieu familial et sa chaleureuse ambiance (Ac 12,1-19).

            Peu après, votre cousin Barnabé et Paul apportent à Jérusalem les secours de l’Église d’Antioche. Vous devenez leur “assistant” à Chypre. De fameuses références, tout de même ! Puis à Pergé, vous vous séparez des compagnons et rentrez à la maison, ce dont le peu commode Paul vous a tenu grief : pas question de reprendre un “lâcheur”.  Et le brave Barnabé de vous réembaucher pour Chypre. Ainsi vous avez été à l’origine du différend entre les deux grands missionnaires (Ac 13,1 à 15,39 ; Col 4,10).

            Mais entre disciples du Seigneur, il ne peut qu’y avoir réconciliation. Vous devenez le “collaborateurde Paul en sa première captivité, et le grand Apôtre vous apprécie, puisque plus tard, il recommande à Timothée de vous « amener avec lui », car vous lui êtes « utile pour le ministère » (2 Tm 4,11).

            Vous êtes évidemment resté le très fidèle “fils” du vieux Pierre dont vous êtes devenus l’interprète à Rome. C’est de lui que vous avez reçu les premières sources de votre narration. N’auriez-vous pas en commun la discrétion, l’humilité… et un tempérament primesautier ? Ne seriez-vous pas ce jeune homme qui seul voulu suivre Jésus lors de son arrestation au jardin des oliviers… et qui pour ne pas être arrêté à son tour « lâcha le drap et s’enfuit tout nu » ? (Mc 14,51-52).

            En tous cas, vous avez aimé le Seigneur et servi l’Église  naissante et martyrisée.

            La Tradition vous attribue la fondation de l’Église d’Alexandrie où vous y êtes vénéré comme l’évêque fondateur - les coptes d’Égypte sont restés attachés à votre prédication - après la mort de Pierre. On ne sait de la vôtre que ce que la légende en a gardé.

« Le disciple ne faillit pas à sa tâche et porta aussi loin qu'il put, dans ces contrées, le flambeau de l'Évangile. Alexandrie en particulier devint un foyer si lumineux, la perfection chrétienne y arriva à un si haut point, que cette Église, comme celle de Jérusalem, ne formait qu'un cœur et qu'une âme dans le service de Jésus-Christ. La rage du démon ne pouvait manquer d'éclater.

Les païens endurcis résolurent la mort du saint évangéliste et cherchèrent tous les moyens de s'emparer de lui. Marc, pour assurer l'affermissement de son œuvre, forma un clergé sûr et vraiment apostolique, puis échappa aux pièges de ses ennemis en allant porter ailleurs la Croix de Jésus-Christ. Quelques années plus tard, il eut la consolation de retrouver l'Église d'Alexandrie de plus en plus florissante.

La nouvelle extension que prit la foi par sa présence, les conversions nombreuses provoquées par ses miracles, renouvelèrent la rage des païens. Il fut saisi et traîné, une corde au cou, dans un lieu plein de rochers et de précipices. Après ce long et douloureux supplice, on le jeta en prison, où il fut consolé, la nuit suivante, par l'apparition d'un ange qui le fortifia pour le combat décisif, et par l'apparition du Sauveur lui-même.

Le lendemain matin, Marc fut donc tiré de prison ; on lui mit une seconde fois la corde au cou, on le renversa et on le traîna en poussant des hurlements furieux. La victime, pendant cette épreuve douloureuse, remerciait Dieu et implorait sa miséricorde. Enfin broyé par les rochers où se heurtaient ses membres sanglants, il expira en disant : "Seigneur, je remets mon âme entre vos mains." »

            Notre ignorance n’empêche pas le signe : le disciple a participé à la kénose du Maître, à sa mort et à sa résurrection. Vos reliques sont vénérées dans la célèbre basilique de Venise, dont la ville vous a pris pour patron. Autre signe. Vous restez sur la rive du bassin méditerranéen qui fut le champ de votre fécondité apostolique ici-bas, et de notre continent qui a bien besoin d’être ré-évangélisé !

            En cette année B qui est la vôtre, nous vous lisons et nous vous étudions. L’Église vous fête en ce jour, 25 avril. Et si nous vous priions davantage ? Ne serait-ce pas une affectueuse manière de vous fêter ?

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