LA COMMUNAUTÉ A LAQUELLE S'ADRESSE MARC
La Communauté à laquelle s’adresse MARC
L’historien chrétien Eusèbe de Césarée (265-340) rapporte le témoignage de Papias, évêque de Hiérapolis en Asie Mineure, vers 110-130, qui le tenait lui-même d’un certain Jean le Presbytre, que MARC « qui n’avait pas entendu ni accompagné le Seigneur », avait accompagné l’Apôtre Pierre et « qu’il en était l’interprète. Marc a écrit avec exactitude tout ce dont il se souvenait de ce qui avait été dit ou fait par le Seigneur ; et il n’a pas commis d’erreur en écrivant comme il se souvenait. » (Histoire Ecclésiastique, III, 39,15).
A la fin du 2esiècle, Clément d’Alexandrie affirme que l’Évangile de Marc a été écrit à Rome. C’est l’hypothèse privilégiée, même si d’autres lieux restent possibles.
L’Évangile a été écrit en grec, dans un grec populaire, langue culturelle de l’empire romain. Comme Marc explique à la fois les termes araméens et les usages juifs, on peut penser que ses lecteurs étaient d’origine païenne, familiers des termes latins.
Cette communauté de Marc est en butte à des persécutions, d’où un appel insistant à la vigilance : « Ce que je vous dis, je le dis à tous : veillez ! » (Mc 13,37), alors que les destinataires sont Pierre, Jacques, Jean, André (Mc 13,4). Marc insiste sur le fait que l’appel à la vigilance ne s’adresse pas qu’aux premiers disciples de Jésus. Ce communauté en butte aux tracasseries, aux persécutions doit trouver sa force, son réconfort en reconnaissant qu’elle suit le chemin même de Jésus, le Christ, et que ce chemin conduit à la vraie vie. C’est pourquoi Marc insiste tant sur la marche à la suite de Jésus le Crucifié.
Si Marc écrit son Évangile entre les années 65 et 69, n’oublions pas que Pierre meurt martyr à Rome vers 65 et Paul vers 67.
Cette communauté attache une grande importance à la mission en monde païen. Mais elle a besoin d’être confirmée dans cette démarche :
Mc 3,7-8 : les gens qui suivent Jésus dès l’origine viennent aussi de régions païennes : « Et de la Judée, de Jérusalem, de l’Idumée, d’au-delà du Jourdain, du pays de Tyr et Sidon ».
Mc 5,20 : le démoniaque guéri devient missionnaire en territoire païen et sa parole est entendue : « L’homme s’en alla et se mit à proclamer dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous étaient dans l’étonnement. »
Mc 7,24 : Jésus va en territoire païen, une femme païenne manifeste sa foi en la personne de Jésus.
Mc 8,1-10 : le second récit sur « Jésus nourrit 4000 hommes » est orienté vers le monde païen (cf. v.3 : « Il y en a qui sont venus de « très loin » ; cf. Jos 9,69 ; Is 60,4).
Mc 15,39 : Enfin à la croix,, le centurion païen est le premier à proclamer sa foi.
Dans cette communauté, une grande importance est accordée à la mission des disciples. Toute la seconde partie de l’Évangile, en effet, montre les Douze, les disciples à l’œuvre avec Jésus. L’Évangile s’achève sur un envoi en Galilée (v.7) et des images de mission (vv.9-20).
Une communauté qui a pris ses distances avec le Judaïsme : Mc 7,1-23. Cf. v.19b ; cf. 8,1 : les païens à la table du Seigneur.