LA FÊTE DE L'ÉPIPHANIE Dimanche 2 janvier 2011

Publié le par GITANS EN EGLISE

Fête de l’ÉPIPHANIE

 

                                                                                                          Frère Jean-Pierre LAUBY

 

            Le mot « épiphanie » signifie en grec : « manifestation, apparition, avènement » ; il désigne la venue, la manifestation de Dieu dans le monde en la personne de son Fils Jésus-Christ, venu pour sauver tous les hommes de toutes les races et de toutes les nations.

            La fête de l’« Épiphanie » est née en Orient le 6 janvier, au cours du IVes., au moment où s’organisait en Occident la célébration de Noël, le 25 décembre. L’Église d’Occident inscrivit cette fête du 6 janvier dans son calendrier, en y célébrant la manifestation des Mages venus d’Orient adorer l’enfant Jésus ; l’Église d’Orient solennise ce jour-là l’épiphanie du baptême de Jésus, ainsi que l’épiphanie de Jésus à Cana. C’est pourquoi la fête de l’Épiphanie évoque ces trois manifestations de Jésus.

            Pour nous, la fête de l’Épiphanie évoque l’adoration des Mages, des Savants astrologues venus d’Orient, auprès de l’enfant nouveau-né, tel que le raconte l’Évangile de Matthieu. Avertis d’en-Haut, par le signe d’une étoile, ils viennent de loin pour se prosterner devant l’enfant Jésus. Ils sont les premiers étrangers à le faire.

            Arrivés à Jérusalem, l’étoile disparaît. Les Mages vont se renseigner auprès du Roi Hérode du lieu de naissance du roi des Juifs ; Hérode se sent menacé. Entouré de ses conseillers, il retrouve dans les Ecritures l’annonce de la naissance à Bethléem du Berger d’Israël. Bethléem n’est qu’à 10 km de Jérusalem. Hérode ne se dérange pas : il attend le retour des Mages, qui eux, avertis en songe, rentreront par un autre chemin.

            Pour l’évangéliste Matthieu, la visite des Mages a pour but d’indiquer que la Bonne Nouvelle que Jésus proclamera de la part de Dieu n’est pas réservée aux Juifs de Judée, de Samarie ou de Galilée, mais qu’elle est adressée tout autant aux étrangers jusqu’aux extrémités de la terre.

            La présence des « bergers » représente le peuple juif accueillant la venue de Jésus ;

            La présence des « Mages » représente tous les peuples de la terre accueillant Jésus. Ces « Savants » venus d’Orient, ces étrangers à Israël, sont la manifestation du caractère universel du salut apporté par Jésus : il est venu sauver tous les hommes qui acceptent son Salut.

            Il n’est dit nulle part dans l’Évangile que ces Mages sont des « Rois », ni qu’ils sont « trois ». C’est Tertullien (155-220) le premier qui leur a donné ce titre de « rois » simplement pour démontrer leur participation à l’accomplissement des Écritures : « Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les païens le serviront » (Ps 72(71),11). Origène (185-254) fixe à « trois » le nombre des rois, porteurs des trois cadeaux. Ensuite, les artistes, les peintres, les prédications, etc. ont progressivement dessiné cette image des « trois rois mages », richement vêtus, apportant les trois cadeaux à l’enfant Jésus. C’est surtout à la fin du XIIIe siècle, que Jacques de Voragine, futur évêque de Gênes, rassembla toutes les traditions éparses concernant les Rois mages dans un livre qu’il intitule « La Légende Dorée ». Les Rois Mages ont maintenant un âge, un nom et une nationalité. Il fallait affirmer très fortement l’universalité du salut offert à tous sans exception.

            La symbolique des Rois mages et de leurs cadeaux :

 

Melchior

Un vieillard à cheveux blancs, avec une longue barbe.

Il est de race blanche

 

Roi des Perses ?

Europe ?

Il offre à Jésus de l’or

comme à un roi

Ce cadeau annonce et honore

la royauté du Christ

Gaspard

Il est jeune

et sans barbe

avec les traits asiatiques

Il est de couleur rouge

 

Roi en Inde ?

Asie ?

Il offre à Jésus de l’encens

comme à un Dieu

(L’encens est une gomme résine aromatique tirée de térébinthes ; elle brûle sur les autels de toutes les religions. Le faire fumer exprime la prière du cœur s’élevant vers Dieu (Ps 141,2).

Ici l’encens révèle et rend hommage

à la nature divine de l’Enfant-Jésus

Balthazar

Il porte toute sa barbe

Il est de race noire

 

Roi des Arabes ?

Afrique ?

Il offre à Jésus de la myrrhe

comme à un homme

(La myrrhe est une résine aromatique. Durcie et pilée, elle est parfum des vivants. Mélangée à l’huile et au baume, elle est réconfort des souffrants et onction des prêtres (Ex 30,23) ; mêlée aux aromates elle est destinée à la sépulture des morts.)

Ici la myrrhe honore la nature humaine de Jésus et annonce sa Passion.

 

« Nous avons vu son étoile… et l’étoile les précédait » (Mt 2,2.9)

 

« Conduis-moi, douce lumière,

A travers les ténèbres qui m’encerclent.

Conduis-moi, Toi, toujours plus avant !

La nuit est d’encre

Et je suis loin de la maison…

Conduis-moi, douce lumière,

Conduis-moi, Toi, toujours plus avant ! »

 

                                                                                                                             Cardinal NEWMAN

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Publié dans NOËL - ÉPIPHANIE

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