Mc 11,1-11 L'ENTRÉE TRIOMPHALE DE JÉSUS À JÉRUSALEM

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 11,1-11  L’ENTRÉE TRIOMPHALE DE JÉSUS À JÉRUSALEM

( voir aussi Matthieu 21,1-10  et  Luc 19,28-40 )

 

Chez Marc, Jésus ne vient qu’une fois à Jérusalem. Il y vient pour accomplir jusqu’au bout, librement, sa mission, qui est de proclamer une dernière fois la Bonne Nouvelle du Royaume (cf. Mc 1,15).

Depuis le début de l’Évangile, le nom de Jérusalem est associé à des démarches hostiles à Jésus. Dans la dernière section de son Évangile, Marc note très nettement que Jésus n’y passera même pas la nuit (v.11).

v. 1 : « Jésus et ses disciples approchent de Jérusalem, de Bethphagé et de Béthanie, près du mont des Oliviers. Jésus envoie deux de ses disciples :

v. 2 : « Allez au village qui est en face de vous. Dès l’entrée, vous y trouverez un petit âne attaché, que personne n’a encore monté. Détachez-le et amenez-le.

v. 3 : « Si l’on vous demande : “Que faites-vous là ?” répondez : “Le Seigneur en a besoin : il vous le renverra aussitôt” ».

Jésus arrive à Jérusalem avec ses disciples en venant de Jéricho. Il approche de la ville sainte par l’est et traverse les villages de Bethphagé et de Béthanie où il avait un pied à terre dans une maison amie. Puis il descend le mont des Oliviers et prépare son arrivée.

Jésus prend l’initiative d’organiser soigneusement son entrée royale à Jérusalem, bien que cela ne soit pas sans risque en cette ville où le pouvoir religieux cherche à le faire mourir depuis sa naissance (cf. Mt 2,3.16-17 ; Mc 3,6 ;…).

La grandeur exceptionnelle de Jésus apparaît déjà dans cette prescience qui lui permet de décrire les événements à venir (comme il le fit pour sa Passion : 8,31 ; 9,31 ; 10,33-34), ou de deviner les pensées des gens (2,8 ; 9,35). Il s’agit d’une prescience prophétique, en maintes occasions : c’est la connaissance de celui qui connaît les Écritures et les volontés secrètes du Père (14,21a). Voir aussi : 14,12-16.

Le fait que personne n’est encore monté sur l’ânon souligne la fonction religieuse à laquelle l’animal va bientôt participer avec Jésus. C’est un animal qui n’a pas encore porté le joug qui tirait l’Arche de l’Alliance (1 S 6,7), ou qui était sacrifié lors du sacrifice de la vache rousse (Nb 19,2) et de la génisse (Dt 21,3). Un chariot neuf portait l’Arche de l’Alliance (1 S 6,7), et une écuelle neuve servait au prophète Élisée lorsqu’il assainit l’eau de Jéricho (2 R 2,20). C’est le roi messianique que l’ânon portera lors de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem.

C’est le sens que Jésus a voulu donner à cette démarche : il veut manifestement réaliser l’annonce du prophète Zacharie (9,9-10) :

« Tressaille d’allégresse, fille de Sion !

Pousse des acclamations, fille de Jérusalem !

Voici que ton roi s’avance vers toi ;

Il est juste et victorieux,

Humble, monté sur un âne,

-          Sur un ânon tout jeune –

Il supprimera d’Éphraïm le char de guerre

Et de Jérusalem le char de combat.

Il brisera l’arc de guerre

Et il proclamera la paix pour les nations. »

                               Cette prophétie annonce donc l’avènement d’un Messie humble et pacifique, dont la monture modeste contraste avec le cheval, monture de guerre, introduite en Israël par le fastueux roi Salomon (1 R 10,26), et utilisée, au temps même de Jésus par l’occupant romain détesté. Ainsi donc Jésus fait connaître ici la véritable nature de son messianisme : non pas celui des rêves guerriers où se complaisaient la plupart de ses contemporains, mais celui, déconcertant à première vue, qu’annonçaient les prophéties du Serviteur (« Qui donc a cru à ce que nous avons entendu dire ? » Is 53,1), et qui, à travers la prophétie de Zacharie, rejoignait l’esprit du roi David, montant lui aussi, une humble monture (1 R 1,33). C’est donc bien un messianisme hautement traditionnel que celui de Jésus et qui invite ses contemporains à rectifier leur conception. Les assistants ont-ils compris ? On peut en douter, malgré l’allusion à David : « Béni le règne qui vient, celui de notre père David ! » (v.10).

                « Le Seigneur » en a besoin (v.3) : les gens qui se tenaient près de l’ânon (v.5) comprendront peut-être qu’on leur exprime le désir du propriétaire de l’animal. Le croyant qui lit le texte voit un Jésus qui affirme déjà sa seigneurie universelle (Ac 2,36 ; Rm 14,9 ; Ph 2,10-11).

                v. 4 : « Ils partent, trouvent un petit âne attaché près d’une porte, dehors, dans la rue, et ils le détachent. »

                v. 5 : « Des gens qui se trouvaient là leur demandent : “Qu’avez-vous à détacher cet ânon ?” »

                v. 6 : « Ils répondirent ce que Jésus leur avait dit, et on les laissa faire. »

                v. 7 : « Ils amenèrent le petit âne à Jésus, le couvrent de leurs manteaux, et Jésus s’assoit dessus ».

                v. 8 : « Alors, beaucoup de gens étendirent sur le chemin leurs manteaux, d’autres des feuillages coupés dans la campagne ».

                Cette scène ressemble aux réceptions qu’on réservait aux souverains de ce temps-là. De fait, l’acclamation qui suit évoque le « Royaume de David ».

                Elle rappelle aussi la fête des Tentes durant laquelle l’attente du Messie se manifestait par des processions où on louait Dieu en agitant des branches d’arbres feuillus et des palmes en chantant le Psaume 118(117) : voir ci-dessous les versets 9 et 10.

v. 9 : « Ceux qui marchaient devant et ceux qui suivaient criaient : “Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !” »

v. 10 : « Béni le Règne qui vient, celui de notre père David. Hosanna au plus haut des cieux ! »

Le lecteur chrétien, lui, acclame dans sa foi le Christ qui vient accomplir son œuvre de salut (l’acclamation du v.9 est empruntée au psaume 118(117),26, un psaume très utilisé chez les premiers chrétiens, pour louer Dieu d’avoir ressuscité Jésus).

Le mot Hosanna (v.9-10) vient du même psaume (v.1) et signifie : « Sauve donc ! ». Il est ici employé comme une acclamation, une sorte de « Hourra ! »

« Le Règne qui vient » (v.10) : c’est le royaume messianique, comme celui qui vient est le messie attendu (Mt 3,11 ; 11,3 ; Jn 1,27). Pour le chrétien, l’attente juive du royaume messianique se réalise en Jésus, mais autrement que ne l’imaginaient les Juifs du temps.

v. 11 : « Jésus entra à Jérusalem, dans le Temple. Il inspecta du regard toutes choses et, comme c’était déjà le soir, il sortit avec les Douze pour aller à Béthanie ».

Jésus prend possession du Temple sans rien dire. Il prépare son intervention du lendemain, où il chassera les vendeurs du Temple. Marc donne clairement cette précision. Puis il va passer la nuit auprès de Marthe, de Marie et de Lazare, à Béthanie.

Le récit se termine sans qu’aucune réaction des chefs en place ne soit exprimée. Toute l’attention du lecteur est orientée vers Jésus, roi messianique.

Comme les foules à Jérusalem, saurons-nous, nous aussi, l’accueillir chaleureusement dans nos vies ?

« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! »

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Publié dans MARC

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