Mc 11,12-14 LE FIGUIER MAUDIT

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 11,12-14  LE FIGUIER MAUDIT

( voir aussi Matthieu 21,18-19  et  Luc 13,6-9 )

 

v. 12: « Le lendemain, quand ils quittèrent Béthanie, Jésus eut faim. »

v. 13 : « Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelque chose ; mais en s’approchant, il ne trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. »

v. 14 : « Alors Jésus dit au figuier : “Que jamais plus personne ne mange de tes fruits !” Et ses disciples écoutaient. »

Malédiction étrange ! Comme « ce n’était pas le temps des figues », il serait curieux que Jésus maudisse cet arbre parce qu’il ne portait pas de fruit à ce moment-là ! Le sens du récit est donc à prendre sur le plan symbolique. Jésus a voulu faire un geste « énigmatique » : Marc en souligne justement l’étrangeté : les apôtres « entendent », mais ne veulent pas y croire ; ils seront tout étonnés, le jour suivant (v.20-21), de voir que cette malédiction s’est effectivement réalisée. La solution de l’énigme sera donnée plus tard. Et ce n’est pas par hasard si la « purification du Temple » est insérée en sandwich entre les deux moitiés de l’épisode du “figuier maudit”.

La malédiction (v.14) et le desséchement (v.20) du figuier encerclent, en effet, la visite violente de Jésus au Temple (vv.15-19). Le cœur du judaïsme a de belles apparences, avec son culte et toute sa piété extérieure : il a des feuilles (v13). Mais il ne porte pas de fruits : il est devenu une caverne de voleurs (v.17) ; grands prêtres et scribes tueront celui qui apportait le salut (Mc 8,31 ; 10,33). Jésus dénonce le fonctionnement du Temple qui ne produit plus de fruit.

La malédiction du figuier est un jugement de Dieu contre l’Israël infidèle qui, à commencer par ses chefs, s’enferme dans l’incroyance (v.18) ; c’est la prophétie d’une catastrophe : la colère de Dieu va sévir contre ce Temple et ce Peuple qui ne portent pas de fruits. Jésus fait ici un acte symbolique, comme les prophètes d’autrefois, qui éprouvaient le besoin de figurer par des gestes concrets les messages qu’ils devaient délivrer au peuple. Ainsi par exemple Ézéchiel prenant une brique et y gravant le nom de Jérusalem, puis entreprenant contre elle un siège (Ezéchiel 4,1-3), ou Jérémie portant au cou un joug pour annoncer le proche asservissement de Jérusalem (Jérémie 27 ; 13,1-11 ; 19,1-13 ; 32,1…).

Jésus se sert de ce figuier pour faire comprendre aux disciples la responsabilité de Jérusalem, qui refusera de donner son fruit, c’est-à-dire dire de s’ouvrir à ce Messie qu’une longue préparation divine l’avait pourtant conduite à reconnaître en Jésus.

D’ailleurs, l’Écriture avait plusieurs fois parlé d’Israël comme d’un figuier stérile et maudit par Dieu (Jérémie 8,13 ; Osée 9,10 ; Joël 1,7).

« Tout arbre qui ne donne pas de bons fruits… » (Mt 7,19). Cet enseignement s’applique clairement à Israël et à ses chefs, et va être repris un peu plus loin par la parabole des vignerons homicides (12,1-2).

Un enseignement qui vaut encore pour nous aujourd’hui !

Publicité

Publié dans MARC

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article