Mc 13,14-20 UNE DÉTRESSE SANS PAREILLE
Mc 13,14-20 UNE DÉTRESSE SANS PAREILLE
( voir aussi Matthieu 24,15-22 et Luc 21,20-24 )
Tout ce qui précède n’était qu’une préparation… Le pire est à venir !
Le verset 14 annonce l’impensable catastrophe, « le sacrilège dévastateur » qui sera le signe de la fuite générale ! (14-19). Marc invite ses lecteurs à évoquer l’histoire juive : « que le lecteur de l’Écriture comprenne ! » : personne n’a oublié l’odieuse profanation du Temple de Jérusalem commise en 167 avant J.C. par le roi syrien Antiochus Épiphane, alors qu’il persécutait le peuple juif ; ce souverain impie alla jusqu’à installer dans le lieu saint un autel dédié à Zeus, l’illustre divinité grecque (cf. 2 M 5,11-20 ; 6,1-9).
Ce sacrilège avait profondément blessé l’âme juive (cf. Dn 9,7 ; 11,31 ; 12,11). Que sera cette nouvelle profanation que Jésus annonce ?
L’annonce est terrifiante : le salut sera dans la fuite immédiate…Une certitude : le Seigneur sera là pour qu’un petit reste puisse être sauvé (20). Encore faudra-t-il qu’il résiste à la séduction des faux-prophètes et des faux-messies (vv.21-23 : texte suivant). Faite attention : “Je vous ai tout dit !”
C’est la partie la plus obscure du discours…
v. 14 : « Lorsque vous verrez le Sacrilège Dévastateur installé là où il ne faut pas – que le lecteur de l’Écriture comprenne ! – alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans la montagne ; »
v. 15 : « celui qui sera sur sa terrasse, qu’il n’en descende pas et ne rentre pas pour emporter quelque chose de sa maison ; »
v. 16 : « celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière pour emporter son manteau. »
« Le Sacrilège Dévastateur » : l’expression est empruntée au Livre de Daniel (9,27 ; 11,31 ; 12,11) ; elle évoque l’autel consacré à une divinité païenne (Zeus), qui avait été dressé dans le Temple de Jérusalem sur l’emplacement où s’élevait l’autel du Dieu d’Israël (cf. 1 M 1,54).
Cette expression évoque encore la présence d’un ennemi disposé à tout détruire ; mais il suscite aussi l’espérance que Dieu interviendra bientôt et définitivement en faveur des siens, car il ne pourra supporter cette profanation de son Temple saint.
Traduction littérale : l’abomination de la désolation…
Sur la fuite dans les montagnes : cf. 1 M 2,28.
v. 17 : « Malheureuses les femmes qui seront enceintes, et celles qui allaiteront en ces jours-là. »
v. 18 : « Priez pour que cela n’arrive pas en hiver, »
La grossesse et la période de l’allaitement ne permettent pas une fuite rapide, non plus que les pluies de l’hiver qui rendent les chemins de Palestine impraticables.
v. 19 : « Car en ces jours-là il y aura une détresse comme il n’y en a jamais eu depuis le commencement, quand Dieu créa le monde, jusqu’à maintenant, et comme il n’y en aura jamais plus ».
Allusion à Daniel 12,1.
Les consignes données par les versets 14b-18 ont laissé voir le caractère urgent et désespéré de la situation. Située dans le temps, la détresse décrite apparaît sans pareille (Ex 9,18 ; Jl 2,2 ; Ap 16,18).
À la lumière de la guerre juive du deuxième siècle avant notre ère, ainsi que du sac de Jérusalem qu’il annonce, Jésus évoque la période pénible qui précèdera la fin des temps.
v. 20 : « Et si le Seigneur n’abrégeait pas le nombre des jours, personne n’aurait la vie sauve ; mais à cause des élus, de ceux qu’il a choisis, il a abrégé ces jours-là ».
Autre thème fréquent des écrits apocalyptiques.
Les bouleversements font partie du plan de Dieu : ils ne conduisent pas à la destruction, mais ils contribuent à faire apparaître un monde nouveau pour tous ceux qui aiment Dieu et qui lui sont restés fidèles.