Mc 13,28-32 LA PARABOLE DU FIGUIER

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 13,28-32  LA PARABOLE DU FIGUIER

( voir aussi Matthieu 24,32-36 et Luc 21,29-33 )

Mais quand cela arrivera-t-il ? C’est pour « tout de suite », mais on ne sait pas quand : tel est le paradoxe de ces virulentes affirmations des versets 28 à 32 et 33 à 37.

Jésus reprend maintenant la question posée au début (v.4) sur le moment où tout cela arrivera. Mais à la différence des autres évangélistes, Marc rapporte ici des propos étranges, voire contradictoires, de Jésus. Celui-ci affirme d’une part que cela arrivera bientôt… et d’autre part qu’il ne sait pas quand cela aura lieu ! On peut y voir une invitation, pour les disciples, à ne pas se poser de vaines questions, mais à rester plutôt vigilants.

Pour rester en équilibre entre frénésie et somnolence, une seule attitude est possible : veiller ! La veille est une vigilance tenace et prudente qui ne se laisse ni manipuler, ni hypnotiser.

Notre espérance est une attente du retour du Christ, attente à la fois convaincue et sereine, à la fois humble (je ne sais pas quand !) et solide (j’en suis sûr).

Deux images sont utilisées ici pour le montrer : l’une est botanique, le figuier (28-32) ; l’autre est domestique, l’organisation du service d’une maison (33-37). Chacun peut ainsi comprendre selon ses repères et se poser la question : quelle veille fidèle, quelle vigilance active le Seigneur attend-il de moi ?

v. 28 : « Que la comparaison du figuier vous instruise : Dès que ses branches deviennent tendre et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche. »

v. 29 : « De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. »

En réponse à la question soulevée en 13,4, Jésus enseigne que sûrement la parousie du Fils de l’homme viendra (ce sera la parousie du Seigneur Jésus : 1 Th 4,13-18 ; 5,1-11). Les premiers chrétiens désiraient pour très tôt cette venue (Maranatha ! 1 C0 16,22 ; Ap 22,20 ; Didachè 10,6). Mais personne – même le Fils -  ne sait quand le Fils de l’homme viendra (1 Th 5,1-11 ; Mt 24,42 ; 2 Pi 3,7-13).

Le “figuier” est un arbre dont les fruits sont tardifs. Mais personne ne s’y trompe : l’apparition des bourgeons et des feuilles  est le signe indubitable que l’été est proche. L’été, c’est la chaleur et la saison des fruits tant attendus. Cette parabole est donc claire : la fin des temps est en marche ! Mais son application en est plus difficile (v.29). Le « cela » est très vague… (en grec il y a le pluriel : « ces événements », sans précision). Tous ces événements sont comparables au craquement des bourgeons du printemps ; ils sont annonciateurs d’une ère nouvelle (et non pas une catastrophe !) : la venue du Fils de l’homme et du salut offert à tous, est proche (v.30).

Ici, Jésus est tout le contraire d’un « prophète de malheur » ! Ses paroles veulent ouvrir à l’espérance dans la venue d’un monde nouveau et bon. C’est l’été qui vient. C’est la « belle saison » qui approche quand les arbres reverdissent. Quelle belle petite parabole ! La dernière dans la bouche de Jésus avant l’offrande de sa vie.

« Viens, Seigneur Jésus ! Oh ! Viens, Marana tha ! »

v. 30 : « Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive ».

L’imminence de ces événements est une des caractéristiques des écrits apocalyptiques. Certaines sectes modernes en font un élément essentiel de leur message. En fait, ces affirmations expriment à leur manière la certitude chrétienne que Dieu accomplira ce qu’il a promis.

v. 31 : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. »

Cette certitude est ici traduite par une impossibilité. Il est aussi impossible que l’espérance des chrétiens soit déçue, qu’il l’est que le ciel et la terre disparaissent !

Immensité du profil de Jésus ! Prétention exorbitante pour quelqu’un qui ne serait qu’un mortel comme nous. N’oublions pas qu’il va mourir dans quelques jours. Tout « passe » dit-il… moi, je demeure, Je Suis ! Et vous demeurerez avec moi…

Au-delà de la mort de Jésus, la résurrection de Pâques pointe déjà, comme l’aurore après la nuit !

v. 32 : « Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père ».

Ici encore, tout se passe comme dans les apocalypses juives : Dieu seul choisit le moment où il réalisera ses promesses et fera venir son Règne.

Marc veut couper court aux spéculations inquiètes que nourriront indéfiniment certains esprits en essayant de prédire l’année, voire le jour exact où se produira la transformation ultime du monde ! La date de cet événement est inconnaissable : elle demeure le secret absolu du Père (Ac 1,7).

Jésus reste bien un « homme » : il ignore le secret du Père, Lui, “l’au-delà de tout” ; c’est inouï ! Et pourtant, c’est cet homme-là qui affirme venir sur les nuées du ciel pour “rassembler tous les élus”.

(Suite et fin dans le texte suivant…)

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Publié dans MARC

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