Mc 15,1-5 JÉSUS DEVANT PILATE

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 15,1-5  JÉSUS DEVANT PILATE

( voir aussi Matthieu 27,1-2.11-14 et Luc 23,1-5 )

Le drame atteint ici son point culminant. Jésus est « livré aux mains des païens » (10,33). L’accusation est d’ordre politique : la prétention d’être « le roi des Juifs » signifie une contestation du pouvoir romain. Mais Jésus n’a rien d’un révolté politique. Son silence consterne Pilate, qui ne peut croire à leurs accusations (vv.9-10).

Aux grands prêtres déchaînés (vv.3-4.11) est opposé un Jésus silencieux : ses paroles ne pourraient apaiser la haine des accusateurs ; d’autre part, Jésus accepte volontairement l’accomplissement de sa mission jusqu’au bout (14,36) : « Sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout » (Jn 13,1) ; « Personne ne m’enlève la vie, je m’en dessaisis de moi-même » (Jn 10,17-18).

v. 1 : « Dès le matin, les chefs des prêtres convoquèrent les anciens et les scribes, et tout le grand conseil. Puis ils enchaînèrent Jésus et l’emmenèrent pour le livrer à Pilate. »

Pilate était le gouverneur romain qui exerça l’autorité suprême sur la Judée de 26 à 36. Il résidait normalement à Césarée, sur les bords de la Méditerranée ; mais il demeurait à Jérusalem à l’occasion des grandes fêtes juives qui réunissaient des foules considérables.

C’est le gouvernement romain qui exerçait l’autorité suprême. Il n’est plus question, devant Pilate, d’un Jésus vu comme Christ et Fils de Dieu : tout va plutôt tourner autour du titre ambigu de Roi des Juifs (vv.2.9.12.18.26.32). Marc, qui écrit à Rome, cherche avec insistance à atténuer la responsabilité de Pilate (vv.3.10-11.31). Il accentue du coup celle des grands prêtres juifs.

Il ne suffisait pas au sanhédrin de prononcer contre Jésus la peine de mort (14,64) ; il fallait que l’autorité romaine la ratifiât pour qu’elle soit mise à exécution (Jn 18,31-32).

L’énumération des membres du sanhédrin (suivie curieusement de l’indication et tout le grand conseil) laisse voir le caractère officiel de la démarche entreprise auprès de Pilate.

Comme Jésus l’avait prédit (9,31 ; 10,33), les autorités juives livrent Jésus aux païens.

v. 2 : « Pilate interrogea Jésus : “Es-tu le roi des Juifs ?”. Jésus répond : “C’est toi qui le dis”. »

v. 3 : « Les chefs des prêtres multipliaient contre lui les accusations. »

« Es-tu le roi des Juifs ? » C’était reprendre en termes païens (ou civils, politique) la question que le grand prêtre avait posée à Jésus : « Es-tu le Messie ? » (14,61). Le pseudo-messie du grand prêtre prenait figure de dangereux prétendant à la royauté politique (15,32). Jésus pourrait être jugé coupable de rébellion politique par Pilate. Ce titre « Roi des Juifs » revient à plusieurs reprises (vv.9.12.18.26).

« C’est toi qui le dis ». Le sens de la réponse de Jésus ne peut être déterminé avec netteté. Elle peut signifier autant une affirmation (partielle ou totale) qu’une négation : « Oui je suis roi, mais pas dans le sens que tu crois ! ». Si Jésus semblait, au jugement de Pilate, accepter à demi ou même rejeter la royauté en question, l’on comprendrait que les grands prêtres multiplient aussitôt les griefs (v.3), pour étayer le mieux possible leur première accusation que Jésus aurait plus au moins rejetée.

v. 4 : « Pilate lui demandait à nouveau : « Tu ne réponds rien ? Vois toutes les accusations qu’ils portent contre toi ».

v. 5 : «  Mais Jésus ne répondit plus rien, si bien que Pilate s’en étonnait. »

Pilate apparaît plus objectif que le grand conseil, plus soucieux de connaître les vrais torts de l’accusé. D’autre part, le silence de Jésus est très significatif : c’est l’attitude du juste accablé de fausses accusations par ses ennemis (Ps 38,14-15.21 ; Ps 39,10 ; Ps 109,4 ; Is 53,7.12). Un tel silence, étonne, consterne Pilate, qui ne peut croire à leurs accusations et qui devine leur jalousie (v.10).

Le récit de Marc (15,1-20) est celui qui, des quatre Évangiles qui est le plus facile à reconstituer : il donne successivement le film puis le sens de ces nouveaux événements. Récit bref, sans explications, simplement les faits ! Voir la suite…

Publicité

Publié dans MARC

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article