Mc 14,66-72 LES TROIS RENIEMENTS DE PIERRE

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 14,66-72  LES TROIS RENIEMENTS DE PIERRE

( voir aussi Matthieu 26,69-75 et Luc 22,56-62 et Jn 18,15-27 )

C’est Jean qui nous a laissé le plus de détails sur cet épisode douloureux. Et pour cause, car il devait être, très certainement, “l’autre disciple” (18,15), témoin oculaire des faits. C’est donc au quatrième Évangile qu’il convient de se reporter pour se faire une idée plus précise des faits.

Un détail, pourtant, est propre à Marc, c’est la mention du double chant du coq, conforme à la prédiction de Jésus (14,30).

Ainsi, au témoignage fidèle et courageux que rend Jésus (v.62), va se trouver opposée la défection lamentable de Pierre. Le lecteur voit Pierre intensifier progressivement son rejet de Jésus.

v. 66 : « Comme Pierre était en bas, dans la cour, arrive une servante du grand prêtre ».

v. 67 : « Elle le voit qui se chauffe, le dévisage et lui dit : “Toi aussi tu étais avec Jésus de Nazareth !” ».

v. 68 : « Pierre le nia : “Je ne sais pas, je ne comprends pas ce que tu veux dire”. Puis il sortit dans le vestibule ». [ Alors un coq chanta ].

À la première intervention de la servante, Pierre répond par une ignorance feinte : à la manière d’un homme étranger au drame qui se passe tout près : “il ne comprend pas ce que veut dire la femme (v.68).

Il faut maintenir le chant du coq à la fin du verset 68.

v. 69 : « La servante l’ayant vu, recommença à dire à ceux qui se trouvaient là : “En voilà un qui est des leurs !” »

v. 70 : « De nouveau, Pierre le niait…

À la seconde réflexion de la servante, Pierre répond par un reniement ferme !

v. 70 : « … Un moment après, ceux qui étaient là lui disaient : “Sûrement tu en es ! D’ailleurs tu es Galiléen ».

v. 71 : « Alors il se mit à jurer en appelant sur lui la malédiction : “Je ne connais pas l’homme dont vous parlez !” »

Le rejet devient total quand Pierre appuie par un serment et des jurons son affirmation : “cet homme-là”, dont il semble ne pas connaître même le nom, Pierre l’ignore tout à fait ! (v.71).

À la croissance des soupçons qu’expriment les gens (jusqu’à dire : “sûrement” : v.70), correspond un reniement croissant de la part de Pierre.

v. 72 : « Et aussitôt, un coq chanta pour la seconde fois. Alors Pierre se souvint de la parole de Jésus : “Avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois”. Et il se mit à pleurer. »

La prédiction de Jésus s’est réalisée (v.30) ; Marc le souligne en rappelant les paroles même de Jésus (voir 11,6.21).

Les pleurs de Pierre montrent qu’il n’était pas mauvais, mais faible. Il aurait dû prier en se rappelant que l’Esprit est ardent, mais la chair est faible (14,38).

Les disciples, qui avaient tous protesté de leur fidélité à Jésus, l’avaient abandonné en s’enfuyant du jardin (vv. 31b.50). Pierre avait fait de même mais il était revenu (vv.31.66-72).

En conclusion de ce texte, marqué par le témoignage de Pierre confié à Marc : on peut relever deux aspects :

La faiblesse étonnante de Pierre… Jésus l’avait annoncée en Mc 14,29-30. [Marc a bien “travaillé” ce dernier verset pour assurer la cohérence de son récit.]. Pierre qui avait « tout quitté pour suivre Jésus », semble, à cause d’une femme, d’une servante, renier tout son passé en reniant Jésus … Nous savons la suite « heureuse »…

La solitude croissante de Jésus… On pouvait espérer qu’un ami, au moins, lui resterait fidèle… Pierre avait même commencé par le « suivre de loin » (Mc 14,54). Aucun autre récit ne pouvait rendre avec plus d’intensité, l’isolement de Jésus !...

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Publié dans MARC

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