Mc 2,1-12 JÉSUS PARDONNE ET GUÉRIT UN PARALYSÉ

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 2,1-12  JÉSUS PARDONNE ET GUÉRIT

UN HOMME PARALYSÉ

 

( voir aussi Matthieu 9,1-8 et Luc 5,17-26 )

 

            Nous avons affaire à un récit de miracle, la guérison d’un homme paralysé, mais qui a été amplifié aux versets 5b-10a, par un élément de controverse : la première controverse de Jésus avec les scribes au sujet du pardon des péchés. Avant de guérir le malade, Jésus lui pardonne ses péchés, ce qui suscite la vive indignation des docteurs de la Loi.

            v. 1 : « Jésus était de retour à Capharnaüm, et la nouvelle se répandit qu’il était à la maison. »

            Après un temps de prédication dans les autres villages de Galilée (Mc 1,38-39) Jésus revient à Capharnaüm, au moins pour le temps d’une pause. Mais il ne passe pas inaperçu : toute la ville en est avertie. Comme d’habitude Jésus a dû se retirer dans la maison de Pierre et André, même si Marc ne le précise pas.

            Les détails bien concrets de ce récit, qu’on ne retrouve pas dans les récits parallèles de Matthieu et de Luc, sont la marque d’un témoin oculaire, qui ne peut être que Pierre. Par exemple : le fait se situe à Capharnaüm ; les gens sont avertis de la présence de Jésus dans la maison ; une foule très nombreuse s’amasse devant la porte ; l’homme paralysé est porté par quatre hommes qui décident de faire entrer le malade par le toit au moyen de cordes. Jésus sera touché par ce geste de grande foi.

            v. 2 : « Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, même devant la porte. Il leur annonçait la Parole."

            « Jésus leur annonçait la Parole » : voilà l’essentiel de sa mission. Même si les foules sont venues pour les guérisons, les miracles, le merveilleux, le sensationnel… Jésus reste dans son rôle de porteur de la Bonne Nouvelle. Le texte grec de l’Évangile de Marc écrit même littéralement : « Il leur parlait la Parole ».

            v. 3 : « Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. »

            Cette scène est rapportée par les trois évangélistes Matthieu, Marc et Luc : c’est quelque chose qui ne s’oublie pas ! Marc est celui qui donne le plus de détails précis.

            v. 4 : « Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. »

            La foule qui se presse pour écouter Jésus est si nombreuse que la porte de la maison est obstruée. Le Maître est comme prisonnier de son public. Et ce public fait un sérieux obstacle à quiconque voudrait Le rejoindre de l’extérieur.

            L’arrivée du paralysé sur son brancard porté par quatre hommes n’enchante pas la foule, au contraire. Ce cas d’urgence dérange doublement : d’une part il va déranger l’enseignement de Jésus, or, personne n’aime ceux qui dérangent et qui plus est, veulent passer en priorité ; d’autre part, il faut absolument écarter ce paralysé considéré comme un « exclu », toute maladie ou infirmité étant considérée comme une punition divine due au péché. Les infirmes étaient même interdits de Temple et de synagogue. Il n’est pas question que ce paralysé entre dans la maison où Jésus « parle la Parole » ! Ainsi cette foule qui écoute la Bonne Nouvelle de Dieu exclut l’infirme et ses généreux porteurs et les empêche de rencontrer Jésus !

            C’est alors que les quatre porteurs, bravant les croyances de l’époque, prirent les grands moyens pour franchir l’obstacle de la foule. Enfreindre ces coutumes religieuses était bien plus audacieux et difficile que de monter sur le toit, même avec un paralytique. La maison palestinienne, sans étage, possédait un toit à terrasse très accessible, avec un escalier. Dans ce toit fait de branchages et de terre battue, un trou pouvait être facilement creusé, pour y dégager une ouverture. C’est ce que firent les porteurs du paralysé. Cela reste, de leur part, un exploit digne d’admiration. Mais c’est surtout la brèche ouverte dans les croyances de l’époque qui fait notre admiration et qui va faire celle de Jésus.

                v. 5 : « Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : “Mon fils, tes péchés sont pardonnés ».

            Jésus ne s’y trompe pas : c’est leur foi extraordinaire et non leur souplesse ou leur ingéniosité qu’il admire ! Cette foi manifestée par ces intrus qui osent s’interposer entre le Maître et son public... Mais tout de suite, le paralysé passe au second plan : Jésus ne le guérit pas. Il y a peut-être de la déception chez le paralysé lui-même, mais aussi chez les porteurs qui se sont donnés tant de mal… Mais Jésus n’a pas dit son dernier mot…

            Marc fait passer Jésus au premier plan : il s’agit de révéler en Jésus, pour la foule présente, le pouvoir divin qu’il a de remettre les péchés. L’affirmation de ce pouvoir constitue une véritable révolution par rapport aux croyances juives d’alors.

            Marc a déjà présenté plusieurs récits de guérison. Il ne veut pas que Jésus soit perçu comme un guérisseur quelconque. Aussi veut-il nous dire ici le sens des miracles : ils sont des signes de la mission du Christ, qui consiste à ramener l’homme vers Dieu en le libérant de tout ce qui l’emprisonne et le sépare de Dieu. Chaque chrétien sait qu’il ressemble à ce malade qui a été amené à Jésus par la foi de la communauté et qui a ainsi été sauvé.

            A la place de la formule de guérison attendue, Jésus déclare au paralysé que ses « péchés lui sont pardonnés ». La formule est, à dessein, à la forme passive : on évite ainsi, en bon juif, de nommer Dieu. Mais c’est pour faire entendre que c’est bien lui l’auteur du pardon.

            v. 6 : « Or, il y avait dans l’assistance quelques scribes qui raisonnaient en eux-mêmes :

            v. 7 : « Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »

            Ce pardon accordé au paralysé déclenche aussitôt la controverse, et les scribes crient au scandale, au blasphème : une accusation grave qui mérite la mort ! Jésus est accusé, dans leur cœur, tout bas, de “blasphème”, c’est-à-dire d’outrage à Dieu, parce qu’il s’est octroyé un pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu. Ce droit de pardonner au nom de Dieu était réservé aux prêtres ; or Jésus n’est pas prêtre ! Par ailleurs, pour obtenir le pardon, il fallait offrir un sacrifice, ce que Jésus n’exige pas ! Enfin, le pardon des fautes graves était accordé le jour du Kippour et dans le Temple de Jérusalem ; or, nous sommes à Capharnaüm, un jour quelconque…

            Toutes ces accusations en eux-mêmes, Jésus les connaît et va les démasquer avant même qu’ils les expriment…

            v. 8 : « Saisissant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils faisaient, Jésus leur dit : “Pourquoi tenir de tels raisonnements ?”

            v 9 : « Qu’est-ce qui est le plus facile ? de dire au paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien de dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?

            Jésus relie entre eux deux pouvoirs surhumains : pardonner ou guérir ; les deux sont impossibles à l’homme ! Or, Jésus le fait ; à travers lui, Dieu agit. Cela devrait ouvrir les yeux et le cœur des observateurs... Qui possède l’un pourrait vraisemblablement disposer de l’autre ! Ou encore, comment pourrait-on traiter de “blasphémateur” l’homme qui exercerait de toute évidence un pouvoir divin, celui de guérir instantanément un paralysé ? Jésus cherche à ouvrir une brèche dans le cœur de ces spécialistes des Écritures…

            v.10 : « Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre,

            Ce verset constitue le sommet du récit. Ce qui pouvait paraître une simple anecdote, est en fait une révélation sur les pouvoir et la mission de Jésus. Il s’attribuait le titre mystérieux de Fils de l’homme (cf. 8,31) : le problème de l’identité de Jésus se trouvait ainsi soulevé. De plus, sa mission sera celle de pardonner sur terre les péchés.

            v. 11 : « Je te l’ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi. »

            v. 12a : « L’homme se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde ».

            Nous retrouvons sous la plume de Marc ce mot « Lève-toi » qui en grec veut dire « se réveiller », « ressusciter » ! Et c’est le soir même de la Pâque, le soir de sa résurrection, que Jésus donnera à des hommes, ses disciples, le pouvoir de remettre les péchés (Jn 20,23).

            Tel est le pouvoir réel de Jésus !

            v. 12b : « Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil » !

            Le message sur le pardon est véritablement nouveau !

            La maladie n’est pas une punition de Dieu.

Le péché est une réalité plus grave que l’infirmité physique.

La parole de Jésus libère et remet debout.

La foule a elle aussi été transformée.

Avec la foule, rendons grâce à Dieu de nous avoir manifesté son amour.

Toute liturgie pénitentielle se termine dans l’action de grâce.

 

Ce que l’on confesse, ce n’est pas notre culpabilité

c’est la certitude de l’amour de Dieu pour nous.

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Publié dans MARC

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