Mc 9,30-32 LA SECONDE ANNONCE DE LA PASSION

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 9,30-32  LA SECONDE ANNONCE DE LA PASSION

( voir aussi Matthieu 17,22-23  et  Luc 9,43b-45 )

 

C’est dans un climat de fragilité de la foi et d’incompréhension des disciples que Marc situe la seconde annonce de la Passion, réservée aux disciples.

Notons tout de même que ces « annonces de la Passion » ont été écrites après que les événements se soient passés. Même si l’on peut légitimement penser que Jésus s’attendait à une mort violente, les détails donnés ici sont plus proches d’une description a posteriori d’événements qui se sont réellement passés, que d’annonces prophétiques. Elles sont rapportées par trois évangélistes. Elles s’enracinent dans un fond historique réel. La rédaction de Marc étant considérée comme la plus ancienne, c’est, selon toute vraisemblance, dans son Évangile que nous aurons la plus grande chance de trouver l’annonce qui, dans sa forme, serait la plus primitive, et qui donc conserverait davantage trace d’une parole authentique. La brièveté et l’indétermination de la seconde annonce en font la meilleure candidate pour une parole historique de Jésus.

Cette seconde annonce de la Passion sera suivie de deux enseignements :

Mc 9,33-50 : un enseignement sur la communauté

Mc 10,1-31 : un enseignement sur la vie chrétienne.

v. 30 : « En partant de là, Jésus traversa la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache ».

Jésus quitte la région de Césarée de Philippe et la montagne de la Transfiguration, et ne fait que passer, incognito, à travers la Galilée, pour pouvoir instruire tranquillement les Douze. Cet enseignement porte essentiellement sur la Passion qui l’attend, conformément aux décrets du Père, dans le sens de Rm 8,32 : « Il n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous », sans oublier le plein accord de Jésus qui affirme : « Je donne ma vie de moi-même » (Jn 10,18).

v. 31 : « Car il les instruisait en disant : “Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera ».

Jésus se préoccupe de préparer ses disciples à la Passion qui vient (le groupe se dirige déjà, à travers la Galilée, vers Jérusalem : v.30 ; 10,1.32). Trois fois il annonce nettement l’événement (8,31 ; 9,31 ; 10,33-34).

Un verbe employé à la voix passive (est livré) laisse entendre que le drame sera voulu ou permis par Dieu, dont le Juif évite de prononcer le nom (Ex 3,14).

Ce sont les hommes en général que représenteront les chefs religieux d’Israël nommés ailleurs comme les responsables de la Passion (8,31 ; 10,33). Ce sont en effet les péchés de tous les hommes qui conduiront Jésus à la mort (Rm 4,25 ; 8,32).

Jésus insiste sur sa mort, « scandale pour les Juifs » (1 Co 1,23).

Tout l’Évangile de Marc nous achemine vers ce sommet. Curieuse biographie d’un homme : ce n’est pas sa vie qui semble importante, mais sa mort… Il est vrai que Jésus annonce, toujours, et en même temps, et imperturbablement, « qu’il re-vivra… après ! ». C’est comme si sa première vie n’était pas la plus importante.

Sommes-nous vraiment convaincus que Jésus est vivant aujourd’hui ?

Le mystère pascal est l’essentiel de notre foi. C’est cela le privilège unique et radical de Jésus ; aucun autre grand homme n’a eu cette prétention de libérer l’homme de cette ultime fatalité qu’est la mort. Ni Bouddha, ni Mahomet, ni aucune idéologie humaniste, n’ont proposé de solution à cette grande angoisse de l’homme qui sait qu’il va mourir. Seul Jésus, sereinement, simplement, dit : « ils le tueront et, trois jours après sa mort, Il ressuscitera ! » Jésus est celui qui se dirigeait vers sa mort dans une paix totale… parce qu’il savait ce qui l’attendait derrière la porte sombre : non point un désespérant néant, mais les bras du Père. La nouvelle liturgie des défunts chante : « Sur le seuil de Sa maison, notre Père t’attend, et les bras de Dieu s’ouvriront pour toi ».

v. 32 : « Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger ».

Cette annonce de Jésus demeure encore incompréhensible aux disciples, qui n’arrivent pas à se défaire de la conception régnante au sujet du Messie. L’Évangile n’embellit pas les disciples ! Ce sont de pauvres hommes comme nous tous : ils nous représentent bien devant Jésus. C’est un bon échantillon d’humanité courante, plutôt moyenne. Il a fallu vraiment une grande grâce pour les faire passer de cet état d’incompréhension et de peur, à l’état de témoin jusqu’au martyre ! C’est l’événement de Pâque et de la Pentecôte qui en a fait réellement des Apôtres devenus les premières colonnes de l’Église naissante.

« Ils craignaient de l’interroger », sans doute pour ne pas s’attirer les mêmes reproches que Pierre lors de la première annonce, mais aussi, peut-être, parce qu’ils redoutaient de connaître la vérité dans toute son horreur… Mettons-nous à leur place ! La réalité de la Passion sera pour eux très difficile à vivre… Mais il y aura la Pâque… la Pentecôte… et la naissance de l’Église sous l’action dynamique de l’Esprit Saint ! Et nous avons hérité de leur Foi, avec mission de la transmettre à notre tour !

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Publié dans MARC

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