ATTENDU COMME LE MESSIE...
Attendu comme le Messie…
Autour du vocabulaire de Noël…
Pourquoi dit-on : « ATTENDU COMME LE MESSIE »…
Quand quelqu’un d’important manque et se fait attendre longtemps, on aime à dire qu’il est « attendu comme le Messie ». Cette expression renvoie à un thème biblique capital : celui de l’attente d’un « Sauveur ». « Messie » est la version française du mot hébreu « mâshiâkh » qui signifie « l’oint », celui qui a reçu l’onction d’huile sainte. Ce mot désignant à l’origine des personnages différents : grands prêtres (Lévitique 8,12) ou rois (Juges 9,8).
Après les troubles dynastiques qui suivirent l’époque des rois David et Salomon, on se mit ainsi à attendre leur véritable descendant, peu à peu perçu comme un souverain idéal à même d’inaugurer l’ère de bonheur promise par Dieu à Israël.
C’est dans sa traduction grecque « khristos » que l’hébreu « mâshiâkh », traduit en français par « Messie », devait alors prendre une ampleur universelle. L’identification entre l’homme Jésus et le Messie biblique (Jn 1,4 ; 4,25) fait le cœur même de la foi des chrétiens. Déjà venu, le Messie n’en reste pas moins attendu par eux. Ils espèrent en effet son second avènement dans la gloire à la fin des temps.
INCARNATION…
Issu du mot latin « in » = dedans et « carno » = chair, ce mot désigne l’un des dogmes essentiels du christianisme, qui le différencie des monothéismes juifs et musulman : le fait que le Fils, troisième personne de la sainte Trinité, se fasse homme et « entre dans la chair » en prenant un corps physique né d’une femme. Pour sauver l’humanité, Jésus-Christ, Fils du Dieu infini, assume en effet pleinement la condition finie de celle-ci jusque dans la souffrance et la mort. Se faisant homme pour que l’homme devienne Dieu, il unifie dans son unique personne deux natures, l’humaine et la divine. Et c’est justement cette « incarnation divine » que l’on fête à Noël, anniversaire d’une naissance sans équivalent dans l’histoire.
SALUT
Ce mot vient du latin « salus » = santé, et désigne d’abord le fait d’échapper à la mort, au danger et celui de garder ou de recouvrer un état heureux. En contexte chrétien, il se rapporte à la condition de ceux que Jésus a introduits dans la vie même de Dieu. Par sa mort sur la croix et sa résurrection, il les libère en effet du péché et de la damnation. Cette libération, on l’appelle « redemption » (du latin « redimere » = racheter, au sens de racheter un esclave). Le chrétien est libéré de la mort par le don infini d’un Dieu qui est le Vivant.
Eric Vinson.