Mc 1,14-15 LA PREMIÈRE PRÉDICATION DE JÉSUS

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 1,14-15 : LA PREMIÈRE PRÉDICATION DE JÉSUS

( voir aussi Matthieu 4,12-17 ; Luc 4, 14-15 ; Jn 4,1-3.43-46 )

 

                        La présentation de Jean le Baptiste et de Jésus, au début de l’Évangile de Marc, se termine par un bref “sommaire”. (On appelle “sommaire” une petite unité littéraire, un paragraphe par exemple, qui “résume” les faits qui viennent de se passer depuis un certain temps). Ici il s’agit d’un résumé de l’activité et du message de Jésus, depuis son séjour au désert ; Marc ne se perd pas en commentaires : chaque mot est à peser !

            v. 14 : « Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée, proclamer la Bonne nouvelle de Dieu ; il disait : »

            v. 15 : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

« Après l’arrestation de Jean le Baptiste » : cela suppose qu’il s’est passé quelque temps et un certain nombre d’événements ; Marc détaillera plus loin l’arrestation et la mort de Jean le Baptiste (Mc 6,17-29). Un prophète suscite souvent la colère d’une partie de ses contemporains, de ceux surtout qui refusent son message. Jean le Baptiste disait la vérité, jusqu’au roi Hérode. Il le fera mettre à mort. Quelques années plus tard, il contribuera aussi, avec d’autres, à la mort de Jésus. Les porte-parole de Dieu sont mal-vus : c'est dans ce climat dramatique que Jésus débute sa mission !

« Jésus partit pour la Galilée » : Jésus ne cherche pas tant à revenir dans la région, où il a grandi et travaillé ; il se rend en Galilée parce que c’est le pays des pauvres et des méprisés, et c’est auprès d’eux qu’il veut commencer.

« Proclamant la Bonne Nouvelle de Dieu » : Jésus apporte au monde une « Bonne Nouvelle » de la part de Dieu ; il veut la dire à tous ! Quelle est cette Bonne Nouvelle ? C’est que tous sont appelés au bonheur qui ne passe pas, tous sont aimés par un Dieu qui est Père, qui est tendresse et pardon. C’est ainsi qu’il va, à pied, de village en village, de maison en maison, pour le moment encore seul, proclamer simplement cette Bonne Nouvelle. L’expression “Bonne Nouvelle” a été traduite en grec, en latin et en français par “Évangile”.

« Il disait : » : le verset 15 nous livre l’essentiel de toute la prédication de Jésus. C’est à la lumière de ce verset que nous pouvons comprendre son œuvre et son enseignement. Le moment où Dieu sera vraiment reconnu comme tel et où les hommes vivront selon sa volonté, ce moment est tout proche. C’est pour accueillir ce grand jour qu’il faut « se convertir », c’est-à-dire, axer toute sa vie sur Dieu. Telle devrait être la vie de foi du chrétien.

« Les temps sont accomplis » : cela veut dire : ça y est, c’est arrivé, c’est pour maintenant. Une ère nouvelle commence. Le bonheur de l’arrivée du Messie qu’ils attendaient depuis toujours était enfin venu. Jésus se présente comme l'aboutissement de tout l'Ancien Testament, de toutes les Prophéties. Il le confirmera aux disciples d'Emmaüs (Lc 24,27).  En attendant sa parole faisait un tel choc, que tout le pays en était remué.

« Le règne de Dieu est tout proche » : La Bonne Nouvelle courait déjà dans les campagnes. Dieu allait enfin prendre en mains la cause désespérée de son peuple, depuis si longtemps sous la coupe de puissances étrangères. Pour ces pauvres gens commençait à poindre une immense espérance.

« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » : ne mettez pas vos espoirs dans des efforts qui ne peuvent être que déçus ; ne les mettez surtout pas dans la violence, par laquelle vous vous imaginez pouvoir faire venir le Royaume de Dieu ; celui-ci ne vient que par la foi en Dieu.

Tel fut le commencement de l’Évangile, tel que Marc nous l’a rapporté !

Essayons de préciser encore un peu plus ce que l’on entend par « Bonne Nouvelle » !

Pour les contemporains de Jésus. Ils vivaient en Galilée des temps troublés et des jours difficiles, à cause de l’occupation romaine et d’un climat tendu de résistance. À cause aussi d’une injuste distribution des terres et des propriétés. Aussi les petites gens des campagnes avaient-ils parfois du mal à vivre. Jésus vint alors au milieu d’eux susciter une immense espérance. Dieu allait-il prendre en mains la cause de son peuple ? – C’est cela que veut dire : « Le Règne de Dieu est tout proche ». Avec ces mots prestigieux, Jésus va soulever la Galilée ; mais il sait que ces mots sont d’une terrible ambiguïté. Sa mission consistera dès lors, mais en vain, à dissiper cette malheureuse ambiguïté. D’où, bientôt, l’attention au “secret messianique”.

Pour nous aujourd’hui ? Que peut bien vouloir dire cette “Bonne Nouvelle” adressée encore aujourd’hui à tous les hommes ? Une nouvelle n’est une “bonne nouvelle” que pour ceux qui l’attendent. Et qu’attendent les hommes de tous les temps, sinon “d’être heureux” ? Cela est vrai aussi bien de l’homme des cavernes que de l’astronaute qui va dans la lune ! Or, c’est pour eux tous aussi que Jésus est venu apporter une immense espérance. Jésus est venu dire à tous qu’ils sont tous aimés de Dieu, et que les aimant tous, Dieu veut qu’ils soient tous heureux. L’homme ainsi aimé et heureux devient Royaume de Dieu. Mais ici, nous retrouvons la même terrible ambiguïté : Qu’est-ce que cela veut dire pour nous autres : être heureux ?

C’est la mission même de Jésus de nous le dire !

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Publié dans MARC

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