Mc 11,20-26 LE FIGUIER DESSÉCHÉ

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 11,20-26  LE FIGUIER DESSÉCHÉ

( voir aussi Matthieu 21,20-22 )

 

Ces versets font suite aux versets 12-14… et apportent l’explication.

Marc a réuni dans les versets 20-25 des éléments qu’on retrouve à divers endroits dans la tradition évangélique. Il ne l’a pas fait sans raison.

Son enseignement sur la foi et la prière est à voir comme l’envers de la situation qui a provoqué le nettoyage du Temple (11,15-19) et comme le type d’existence religieuse qui sera proposé à toutes les nations qui prendront la relève d’un Israël infidèle, plus désireux de travailler pour soi (voir la caverne de voleurs, v.17), que de vivre d’une authentique foi en Dieu (v.22).

 

v. 20 : « Le lendemain matin, en passant, Jésus et ses disciples virent le figuier qui était desséché jusqu’aux racines. »

v. 21 : « Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, dit à Jésus : “Rabbi, regarde : le figuier que tu as maudit est desséché ».

Repassant le lendemain matin auprès du figuier maudit par Jésus la veille, les disciples constatent qu’il est desséché jusqu’à la racine. Pierre se fait l’interprète de leur étonnement (v.21). En Matthieu le figuier s’était desséché « à l’instant même »…

Voici la clef de l’énigme étrange de la veille : ce n’était pas le figuier que Jésus visait, mais le Temple. Parce que le Temple ne répond plus à l’attente de Dieu, il suscite la « colère de Dieu » et sera détruit (Mc 13,2).

v. 22 : « Alors Jésus leur déclare : “Ayez foi en Dieu ! »

v. 23 : « Amen, je vous le dis : tout homme qui dira à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, s’il ne doute pas dans son cœur, mais croit que ce qu’il dit va arriver, cela lui sera accordé ! »

v. 24 : « C’est pourquoi je vous le dis : tout ce que vous demanderez dans la prière, croyez que vous l’avez déjà reçu, cela vous sera accordé. »

v. 25 : « Et quand vous êtes là, en train de prier, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez-lui, pour que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes. »

À la constatation des disciples, Marc rattache un enseignement de Jésus sur l’efficacité de la foi et de la prière, qui a pu fort bien être donné en d’autres circonstances, surtout les dernières paroles, celles qui concernent la prière et la nécessité du pardon des offenses (vv.24-25).

Le dessèchement du figuier paraît être un miracle. Le miracle est accordé à la foi. La foi conditionne l’efficacité de la prière. L’exaucement de la prière est conditionné à son tour par le pardon des offenses.

Jésus avait une telle foi, que la puissance du Père faisait par lui des miracles. Sa prière, toujours soumise à la volonté de son Père, était toujours exaucée. Son amour des personnes le rendait toujours disposé au pardon des offenses.

Si Jésus a maudit le figuier, c’est moins pour donner à ses disciples un exemple de l’efficacité de la prière que pour manifester, par une parabole en action à but prophétique, le sort de Jérusalem rebelle à la foi.

Notons tout particulièrement la « promesse » des versets 23 et 24 : la foi « sans l’ombre d’un doute », « qui croit que c’est déjà accordé », est d’une puissance inouïe, totalement efficace ! Avons-nous vraiment assez de foi lorsque nous prions pour demander quelque chose ? Si nous ne sommes pas exaucés, la faute ne peut venir que de nous ! Efficacité de la foi et efficacité de la prière.

Saint Paul fait allusion à cette parole de Jésus en 1 Co13,2 : « Quand j’aurais une foi à transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien ».

Jésus parle sous forme d’exhortation pour susciter la conviction de foi. Cela demande un effort de la part du disciple, et cela implique que la foi n’est pas un lot qu’il se contenterait de recevoir passivement : il lui faut la développer activement, avec l’aide du Seigneur : « Seigneur je crois ! Viens en aide à mon peu de foi ! » (Mc 9,24).

La parole du verset 25 rejoint l’enseignement du Notre Père, et y fait sans doute allusion (cf. Mt 6,12.14-15).

Le verset 26 : « Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père céleste ne vous pardonnera pas non plus vos fautes » (Mt 6,15), semble avoir été ajouté tardivement dans l’évangile de Marc : il ne figure pas dans les plus anciens manuscrits de cet évangile. Aussi n’a-t-il pas été conservé dans la version officielle du texte liturgique. Ce n’est d’ailleurs pas le sens de l’enseignement de Jésus dans cette circonstance.

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Publié dans MARC

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