Mc 14,1-2 LE COMPLOT CONTRE JÉSUS
Mc 14,1-2 LE COMPLOT CONTRE JÉSUS
( voir aussi Matthieu 26,1-5 et Luc 22,1-2 )
Deux chapitres sur 16 (les chapitres 14 et 15) concernent uniquement les deux dernières journées de Jésus. C’est dire la place importante que prend le récit de la Passion dans l’Évangile de Marc. Le dernier chapitre présentera la résurrection.
Un complot se prépare en cachette. Les événements se précipitent…
Une introduction très courte ouvre le récit (vv.1-2). En 31 versets (14,1-31), Marc rapporte quatre événements qui constituent comme un préambule à la Passion et contribuent à lui donner un sens ; ce sont les derniers jours de Jésus :
Introduction : 14,1-2 : Le complot contre Jésus
1errécit : 14,3-9 : L’onction de Béthanie
2erécit : 14,10-11 : La trahison de Judas
3e récit : 14,12-31 : Le repas du Seigneur
v. 1 : « La fête de la Pâque et des pains sans levain allait avoir lieu dans deux jours. Les chefs des prêtres et les scribes cherchaient le moyen d’arrêter Jésus par ruse, pour le faire mourir. »
Au début du printemps, les Juifs célébraient une fête qui combinait deux rites très anciens.
L’un – celui de la Pâque – mémorial de la sortie d’Égypte, demandait d’offrir et de consommer un agneau et d’accomplir certains gestes avec son sang.
L’autre rite – celui des pains sans levain – mémorial de la sortie d’Égypte et de la marche au désert, demandait que l’on s’abstienne de pain fermenté.
C’était la plus grande fête de l’année. Elle rappelait qu’Israël avait été libéré de l’oppression égyptienne au temps de Moïse.
Au temps de Jésus, la Pâque désigne uniquement l’agneau pascal. La fête où cet agneau est immolé s’appelle : la fête des « Azymes » (ou des pains sans levain). Cette fête durait 8 jours. On immolait la Pâque dès le 14 nisan (pleine lune d’avril, dite de printemps). Marc y accroche un important enseignement : La mort de Jésus, ainsi placée à cette date, apparaîtra vite aux premiers chrétiens comme le vrai sacrifice pascal qui accomplit le salut d’un Israël nouveau. Et le complot qui vise à tuer Jésus, sera comme le commencement de la fête !
v. 2 : « Car ils se disaient : « Pas en pleine fête, pour éviter une émeute dans le peuple. »
Nous sommes donc présentement deux jours avant la soirée du 14 Nisan, donc le 12. Les grands prêtres et les scribes se réunissent à ce moment pour rechercher le moyen de s’emparer de Jésus avec ruse pour le tuer. L’entreprise s’avère difficile… Comment en effet s’emparer de lui à ce moment où sa popularité atteint son point culminant, avec son entrée messianique à Jérusalem qui aurait pu avoir lieu à cette époque ? (On pense tout de même qu’elle s’est faite à un autre moment…)
La ruse s’impose pour que dans la fête il n’y ait pas de tumulte parmi le peuple. Telle est, semble-t-il, la bonne lecture du verset 2.
Qu’est-ce qui eut lieu « deux jours avant la Pâque » ? Il ne semble pas que ce soit la décision prise par le conseil de tuer Jésus (elle était déjà prise bien avant, et peut être au moment de la résurrection de Lazare… Voir Jean 11,57) ; il semblerait plutôt que ce fut la démarche de Judas proposant de livrer Jésus qui fut faite deux jours avant ; ce serait alors logique de lire aussitôt après le verset 2, les versets 10 et 11, en reportant après le verset 11, la lecture des versets 3 à 9.
(Nous ne le ferons pas pour garder la lecture suivie du texte…)
En résumé : v.1 : Le haut clergé de Jérusalem est décidé depuis longtemps à liquider Jésus (Jean est formel : Jn 11,57).
v.3 : Jésus, pour ne rien précipiter, vit en semi-clandestinité ; ce qui rend improbable à ce moment, une entrée triomphale…
v. 2 : Dilemme pour les adversaires de Jésus : où il vient à Jérusalem pour la fête, et il est dangereux de l’arrêter.
v. 10 : Ou il reste caché et il faut recruter un indicateur pour régler l’affaire en vitesse. Judas arrive au bon moment…