Mc 14,10-11 LA TRAHISON DE JUDAS
Mc 14,10-11 LA TRAHISON DE JUDAS
( voir aussi Matthieu 26,14-16 et Luc 22,3-6 )
Le complot amorcé aux versets 1-2 reprend ici. Après avoir vu l’amour le plus généreux s’exprimer, on verra la méchanceté et la mesquinerie atteindre un degré incroyable.
Parmi des Douze que Jésus choisit “pour qu’ils soient avec lui” (3,14). Marc a signalé « Judas Iscariote, celui qui livra Jésus ». Marc le nommera plusieurs fois l’un des Douze (14,10.20.43). Judas était un intime de Jésus, destiné à devenir l’un des piliers de l’Église ; portant il va le livrer (14,11).
Cette trahison de Judas va déclencher le drame…
v. 10 : « Judas Iscariote, l’un des Douze, alla trouver les chefs des prêtres pour leur livrer Jésus ».
v. 11 : « À cette nouvelle, ils se réjouirent et promirent de lui donner de l’argent. Dès lors Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer ».
En quoi a consisté la trahison de Judas ?
À révéler en haut lieu la cachette de Jésus. Jésus, s’étant rapproché de Jérusalem, trouvait sans doute asile à Béthanie. Toutefois, venu pour la fête, il passait parfois la nuit plus près encore de la ville. La trahison de Judas consistera tout simplement à y conduire les soldats au bon moment ; là encore Jean est formel (Jn 18,2-3). Judas va livrer Jésus pour de l’argent (v.11) (cf. Jn 13,29). Jean a une phrase dure au sujet de Judas : « Il parla ainsi, non parce qu’il se préoccupait des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait pour lui ce qu’on y mettait » (Jn 12,6).
Quel enseignement se cache derrière cette trahison ?
Un mot déjà connu et répété ici : “livrer”. Ce mot ne désigne pas seulement le fait de livrer Jésus à ses adversaires, mais cet autre plus grave, que Dieu livre Jésus aux mains des hommes (Mc 9,31). Jésus dès maintenant est condamné à mort. Il le sait. C’est donc en toute lucidité qu’il entre dans sa passion : « Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne » (Jn 10,17-18). Dieu laisse les hommes s’acharner sur Jésus, qui donne ainsi sa vie, pour témoigner par sa mort silencieuse et injuste, que l’amour est plus fort que la haine et que, pardonnant par avance même à ses meurtriers, il remporte la vraie victoire.