Mt 8,18-22 TOUT QUITTER POUR SUIVRE JÉSUS
Mt 8,18-22 : TOUT QUITTER POUR SUIVRE JÉSUS
Par ses guérisons miraculeuses à Capharnaüm (début du chapitre 8), Jésus avait attiré une grande foule autour de lui, étonnée de ce qu’elle avait vu. Fatigué par une journée chargée, il s’apprêtait à traverser la mer de Galilée (vv.23-24), lorsque quelques hommes l’abordèrent, avec un certain enthousiasme, afin de pouvoir partir avec lui, pour se mettre à son service.
Jésus nous indique, par ses réponses, que son service n’est pas à prendre à la légère. Ce n’est pas une sécurité confortable et bourgeoise qu’il propose, ni un chemin de facilité ; au contraire, il avertit qu’il sera encombré d’épreuves et de choix difficiles.
Jésus tient à le faire savoir à ceux qui veulent s’engager et monter avec lui dans la barque…
v. 18 : « Jésus, voyant la foule autour de lui, donna l’ordre de partir vers l’autre rive du lac. ».
Chez Matthieu, Jésus donne souvent des ordres. Ce fait nous aide à nous le représenter comme le maître souverain de son Église. Certains ont de la difficulté à le suivre, comme en font foi les situations mentionnées dans les versets qui vont suivre.
« L’autre rive » : la rive des villages païens où l’on doit se préparer à affronter l’hostilité de l’esprit-du-mal.
v. 19 : « Un scribe s’approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras »
Les scribes étaient parmi les plus instruits en Israël, et faisaient partie de l’élite du pays. Un tel homme, gagné à la cause du Christ aurait pu exercer une grande influence, favorable à Jésus. Mais Jésus ne raisonne pas comme nous. Il recherche des disciples ayant des qualités plutôt que des qualifications. Celui qui voudrait suivre le Seigneur doit être prêt à renoncer à son confort et même parfois à ses droits (cf. Lc14,25-33). Jésus va le dire très clairement :
v. 20 : « Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où repose sa tête ».
Jésus ne refuse pas la demande de ce scribe : il l’invite simplement à en considérer le prix, qui peut aller jusqu’au détachement total. Comme Jésus, lorsque nous annonçons la Bonne Nouvelle, nous devons faire connaître les difficultés et les renoncements qui y sont inclus.
« Fils de l’homme » est une expression qui, au temps de Jésus, désignait un personnage mystérieux que Dieu enverrait dans le monde pour révéler son plan de salut et pour sauver les justes. Les évangélistes placent toujours ce titre dans la bouche de Jésus : c’est par lui, disent-ils, que Dieu a fait connaître sa volonté et réalisé son salut.
Aucun texte du Nouveau Testament ne laisse entendre clairement que Jésus possédait une maison qui lui fut propre.
v. 21 : « Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père ».
Certains pensent que ce disciple demande à Jésus, avant de le suivre, l’autorisation de rester auprès de son père jusqu’à ce qu’il meure ; d’autres, qu’il demande simplement d’assister aux funérailles de son père. Or, l’ensevelissement de ses parents était en Israël un devoir sacré qui déliait de toutes les obligations imposées par la Loi.
Dans tous les cas, nous voyons en cet homme, qui, notons-le, est déjà un disciple de Jésus (v. 21), un conflit de priorités.
Par sa réponse, qui peut d’abord paraître sévère, Jésus lui demande une obéissance totale, au-dessus de tout lien sentimental ou familial. « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi » (Mt 10,37).
v. 22 : « Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts ».
En d’autres occasions, Jésus montra une grande compassion devant le deuil des proches parents (Jn 11,32-35). Il ne permettait pas, pour autant, que ses disciples en soient si préoccupés qu’ils se détournent de lui. Il est vrai que certains disciples commencent à suivre le Christ, et ensuite, hésitent à poursuivre jusqu’au bout. Ce sont des hommes « de peu de foi » (v.26) ; ils gardent des préoccupations qu’ils avaient autrefois, au temps où ils étaient « morts », c’est-à-dire, avant qu’ils n’entrent dans la vraie vie par la foi et le baptême.
Il est urgent de se consacrer aux intérêts du Royaume où se trouve la vraie vie (7,14). Jésus tient par ailleurs au respect des parents (19,19).
« Suis-moi ! »