PERSPECTIVES MESSIANIQUES DANS QUELQUES PSAUMES
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Perspectives messianiques dans quelques Psaumes
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Ps 2 |
Le Seigneur promet à son Messie la victoire et la domination sur les princes des peuples qui veulent s’y soustraire. Il lui déclare : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré ». Les Juifs reconnaissent aussi que ce Psaume parle du Messie. St Pierre et St Jean l’ont appliqué à Jésus : Actes 4,25-28 et 13,33. De même dans l’épître aux Hébreux : He 1,5 et dans l’Apocalypse : Ap 2,27 et 19,15.
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Ps 15 (16) |
À première vue, ce Psaume est un simple chant de confiance qui semblerait pouvoir être dit de n’importe quel juif pieux. Mais il contient un passage qui prend tout son sens dans la bouche du Messie : « Tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption ». Lorsqu’on se souvient que, pour les Juifs étrangers à l’idée de survie et d’un au-delà bienheureux, nul n’échappait ni ne revenait du séjour des morts, ce verset ne peut s’interpréter que de la résurrection du Christ. St Pierre en a tiré argument auprès des Juifs le jour de la Pentecôte : « Jésus de Nazareth… vous l’avez fait mourir en le clouant sur la croix par la main des païens, mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des liens de la mort. Aussi bien, n’était-il pas possible qu’il fut retenu en son pouvoir, car David (que St Pierre considère comme l’auteur du Psaume) dit à son sujet : “Ma chair même repose en confiance : tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. Tu m’apprends le chemin de la vie”. Frères, il est permis de vous dire en toute assurance : le patriarche David est mort et a été enseveli et son tombeau est encore parmi nous (donc, il ne s’agissait pas de lui).Mais, comme il était prophète… il a vu d’avance et annoncé la résurrection du Christ ». Actes 2,22-31.
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Ps 71 (72) |
Le psalmiste prie pour le fils de Dieu, dont il prophétise le règne glorieux, sans limite géographique et sans fin. Ce règne, favorisé par l’abondance des récoltes ne sera pas celui d’un despote dur et capricieux, mais d’un roi pacifique et juste, plein de sollicitude pour les humbles. Ce Psaume est utilisé par la liturgie aux fêtes du Christ, en particulier à l’Épiphanie, car deux de ses versets (10-11) semblent décrire à l’avance la visite des mages : « Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents. Les rois de Saba et Seba feront leur offrande. Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les rois le serviront. »
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Ps 109 (110) |
Ce Psaume était naguère très connu des chrétiens (Dixit Dominus Domino méo) car on le récitait aux Vêpres du dimanche. Il célèbre toutes les gloires du Messie : Fils de Dieu, Roi assis à la droite de son Père (donc son égal), Prêtre pour toujours, Juge. Son application au Christ est attestée par Jésus lui-même qui demandait aux Pharisiens : « Que vous semble-t-il du Christ ? De qui est-il le fils ? - De David, répondirent-ils. – Comment alors David, dans le livre des psaumes le nomme-t-il “Seigneur” puisqu’il dit (Ps 109) : “Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône…” Si David l’appelle « Seigneur », comment est-il son fils ? » (Matthieu 22,41-45 ; Marc 12,35-37 ; Luc 20,41-44).
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Ps 21 (22) |
Commencé comme une lamentation, ce Psaume se termine dans l’action de grâce et l’espérance. Jésus en Croix en a prononcé les premières paroles : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » On peut penser qu’il a voulu évoquer le Psaume tout entier décrivant avec une précision extraordinaire ce qui était en train de se passer. (cf. Isaïe 53). Ce Psaume prophétise la libération, le triomphe du Messie et la fécondité de son sacrifice. Le Psaume du Vendredi saint est donc aussi un Psaume de Pâques !
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Frère Jean-Pierre LAUBY
Toulouse Gitanie