PSAUME 2, un Psaume du temps de NOËL
Introduction.
Le Psaume 2 est un Psaume Royal. L’arrière fond historique présente l’intronisation d’un roi en Israël. Prophétiquement il annonce le projet de Dieu qui doit se réaliser par son Messie dont nous fêtons la venue à Noël : « Aujourd’hui, je t’ai engendré ».
Au moment de la Passion, Jésus connaîtra cette coalition de tous ses ennemis pour le faire mourir. Mais sa mort suivie de sa résurrection est la plus grande des victoires sur le plus grand des ennemis, la mort !
Après la Pentecôte les Apôtres citeront ce Psaume (Actes 13,32) pour parler de la résurrection de Jésus. La venue des Mages à Bethléem se présente comme la réalisation des versets 10 et 11. La férocité d’Hérode faisant massacrer les enfants innocents (Mt 2,12.16) est encore une illustration du verset 2 : tentative cruelle mais vaine, incapable de déjouer le plan de Dieu.
Avec quelle ferveur Jésus a dû chanter ce Psaume qui parlait de Lui à l’avance ! Il a pu être pour lui un réconfort au moment de sa Passion, devant les forces du mal déchaînées contre lui ; on le devine dans ces mots sortis de sa bouche, si proches du verset 10 : « Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors » ! (Jean 12,31).
Relisons-le, prions-le aujourd’hui, avec la même espérance, face aux forces du mal dans le monde actuel, au rejet de Dieu. A cette révolte des peuples, à leur indifférence, Dieu garde le silence, il s’en amuse dit le psaume, parce la victoire définitive est déjà acquise, c’est la sienne : « En ce monde vous faites l’expérience de l’adversité, mais soyez pleins d’assurance, j’ai vaincu le monde. » (Jn 16,33).
C’est cette victoire déjà acquise par la mort et la résurrection de Jésus-Christ que chante à l’avance, et maintenant, avec nous, pour toujours, ce Psaume 2.
Lc 3,22 ; Ac 4,25-26 ; 13,32-33 ; Ap ,26-27 ; 12,5 ; 19,15 Office : Lectures, Dimanche I (PTP p. 607)
| Lundi après l’Épiphanie |
Psaume d’intronisation royale « Tu es mon Fils »
Le chant de l’amour de Dieu pour nous
| Psaume prophétique et messianique : il annonce la Passion et la Résurrection du Christ. Mais il prend appui sur des événements historiques et royaux, antérieurs au Christ. | ||
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La rébellion des rois vassaux |
1 Pourquoi ce tumulte des nations, ce vain murmure des peuples ? 2 Les rois de la terre se dressent, les grands se liguent entre eux contre le Seigneur et son messie : 3 « Faisons sauter nos chaînes rejetons ces entraves ! ». | 1er acte : États du Moyen-Orient. Révolte. Un nouveau roi à Jérusalem, intronisé par le Seigneur, soulève une vague de révolte, un vent d’indépendance dans les états voisins : conspiration, coalition (noter les 4 verbes qui énoncent leur programme d’action). Mais l’orgueil des nations ne restera qu’un vain murmure, car c’est contre le Seigneur et son Messie qu’ils complotent ! |
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La déclaration solennelle du Seigneur |
4 Celui qui règne dans les cieux s’en amuse, le Seigneur les tourne en dérision ; 5 puis il leur parle avec fureur et sa colère les épouvante : 6 « Moi, j’ai sacré mon roi sur Sion, ma sainte montagne. » | 2e acte : Ciel. Scène grandiose… Le vrai Roi, le seul, c’est Dieu. Son sourire désarme ses adversaires. Mais il se fâche pour faire respecter son propre choix : la cause du roi de Juda et la sienne ne font qu’un ; image de la passion de Dieu pour les hommes. C’est lui, par l’intermédiaire du prêtre qui a « versé l’huile » et proclamé le « décret » d’investiture (v.7). Le roi devient le gardien du mont Sion où Dieu réside dans son sanctuaire. « messie » = oint, consacré, roi. Le grec a traduit ce mot par « Christos ». |
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L’assurance du Roi de Juda |
7 Je proclame le décret du Seigneur ! Il m’a dit : « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. 8 Demande, et je te donne en héritage les nations, pour domaine la terre tout entière. 9 Tu les détruiras de ton sceptre de fer, tu les briseras comme un vase de potier. » | 3e acte : à Sion où siège le nouveau roi. Le roi donne lecture du décret divin qui légitime sa royauté. Il rappelle l’oracle de Nathan (2 S 7,14) où Dieu s’était engagé vis-à-vis de David et sa descendance. Le jour de son intronisation, le roi devient symboliquement « fils de Dieu » (Ex 4,22 ; Dt 14,1-2). La filiation entraîne l’héritage : la domination des nations. Le « sceptre de fer » est le symbole de force en opposition aux vases d’argile fragiles, inutilisables une fois brisés. |
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La soumission des rois vassaux | 10 Maintenant, rois, comprenez, reprenez-vous, juges de la terre. 11 Servez le Seigneur avec crainte, rendez-lui votre hommage en tremblant. 12 Qu’il s’irrite et vous êtes perdus : soudain sa colère éclatera. Heureux qui trouve en lui son refuge ! | 4e acte : de Sion, ultimatum aux rois. Le psalmiste s’adresse aux rois mécontents. Ils doivent comprendre que le roi de Juda est protégé par le Roi des Cieux. Ils doivent donc servir Dieu pour éviter la destruction. « hommage » : baisement des pieds du roi (Is 49,23 ; Ps 72,9). « Heureux » : pour éviter de terminer sur une malédiction (cf. Ps 1,1). |
Frère Jean-Pierre LAUBY
Gitanie Toulouse