BIEN VIVRE LA PREMIÉRE SEMAINE DE CARÊME
BIEN VIVRE LA PREMIÈRE SEMAINE DE CARÊME
par Mgr Raymond Bouchex
Archevêque émérite d’Avignon
Pour vivre le Carême durant chaque semaine, il nous est souhaitable de retenir quelques attitudes spirituelles que nous proposent les lectures bibliques de certaines Messes de la semaine. Ces attitudes spirituelles font partie de celles que le Carême nous invite à faire nôtres. Pour cela, cherchons à prendre un moment de calme. Lisons lentement le texte retenu. Arrêtons-nous à une phrase ou à un mot. Gardons en notre cœur cette phrase ou ce mot. Faisons-en une prière, brève ou plus longue selon nos possibilités. À certains jours plus favorables, nous faisons cette lecture et cette prière à plusieurs.
Les lectures de la première semaine nous offrent deux thèmes qui tiennent une grande place dans la spiritualité du Carême.
La prière
Le Carême est un temps privilégié de prière. Durant la première semaine, il est question de la prière dans les évangiles du mardi et du jeudi, et de la première lecture du jeudi. Cette première lecture du jeudi est la belle prière de la reine Esther (Esther 14,1-14). Esther fait partie des Juifs exilés en Assyrie. Elle a été choisie comme reine par le roi Assuerus. Les Juifs de l’empire, sous l’instigation du Premier ministre Aman, sont condamnés à être exterminés. Esther ne peut pas accéder auprès du roi sans y être invitée par lui. Pour essayer de sauver son peuple, elle décide d’intervenir auprès de lui malgré les dangers qu’elle encourt. Avant d’intervenir, elle fait une très belle prière.
Les Évangiles du mardi et du jeudi sont mieux connus de nous. Ils méritent d’être sans cesse médités (Mt 6,7-15 : mardi ; 7,7-12 : jeudi). Tout au long du Carême, nous entendrons des lectures bibliques qui nous parlent de la prière. Parcourons les cinq semaines pour en repérer quelques-unes.
L’amour du prochain
Le Carême est un temps de charité et de partage, comme l’a mis en valeur l’Évangile du mercredi des Cendres. Cette invitation à l’amour et au partage est fortement présente dans la première lecture du lundi et bien sûr dans l’Évangile de ce même lundi. La première lecture, tirée du livre du Lévitique (ce livre contient ce qui concerne le service des lévites au temple), rappelle le Décalogue, en particulier ce qui concerne l’amour du prochain : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur » (Lv 19,1-18). Ce texte relève quelques domaines dans lequel cet amour du prochain est appelé à se traduire concrètement : ne pas tromper notre prochain ; ne pas faire de faux serments ; ne pas opprimer ni exploiter notre ouvrier ; ne pas insulter un sourd ; ne pas mettre d’obstacle sur le chemin d’un aveugle ; ne pas commettre d’injustice dans un procès ; ne pas répandre de calomnies ; ne pas réclamer la peine de mort contre son prochain ; n’avoir aucune pensée de haine ; ne pas se venger ; ne pas garder de rancune. Cet amour du prochain n’est pas un commandement purement humain. « Je suis le Seigneur » signifie qu’il découle de notre foi au Seigneur.
Quant à l’Évangile, il est le passage bien connu de saint Matthieu (25,31-46) où Jésus nous invite à retrouver sa présence dans les plus pauvres de nos contemporains.
Souvent les lectures bibliques des Messes de la semaine reviennent sur cette attitude de charité. Nous pouvons parcourir les Messes des cinq semaines pour repérer ces invitations à aimer le prochain.
« Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
Selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.
Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncer ta louange. » (Ps 5150)