HOMÉLIE pour le cinquième dimanche de Pâques 6 mai 2012

Publié le par GITANS EN EGLISE

Ac 9,26-31

1 Jn 3,18-24

Jn 15,1-8

Homélie du 5e dimanche de Pâques,

 

6 mai 2012

 

 

            Les lectures de nos dimanches sont toujours très riches d’enseignements pour notre vie chrétienne et religieuse.

            Nous allons survoler les premières lectures d’aujourd’hui, pour nous attarder un peu plus sur l’Évangile.

            Le passage du livre des Actes fait apparaître Paul, juste après sa conversion sur le chemin de Damas : il a bien du mal à se faire accueillir par la communauté chrétienne. Les chrétiens redoutaient tellement ce farouche persécuteur, qu’ils n’osaient croire à une authentique conversion. Il a fallu que le diacre Barnabé le présente à toutes les communautés en racontant sa prodigieuse conversion. Dès lors, Paul commença à prêcher avec assurance au Nom du Seigneur Jésus. Et c’est lui qui va implanter l’Église dans tout le bassin méditerranéen. Rendons grâces au Seigneur pour cet apostolat incomparable de Paul qui, de persécuteur était devenu Apôtre. Prions pour que parmi les 3000 baptisés adultes de Pâques chaque année, il y ait de nombreux “Paul” qui viennent réveiller l’Église et la faire progresser.

            Le passage de la première lettre de Jean nous rappelle en quelques mots l’essentiel de notre vie chrétienne et religieuse. Nous devons nous aimer concrètement, les uns les autres, non en paroles, mais en actes. Alors seulement nous pourrons demeurer en Dieu et Dieu pourra demeurer en nous, et nous possèderons le paix du cœur. Relisons personnellement ce texte si important, pour le mettre dès maintenant en pratique.

            Dans l’Évangile selon saint Jean, Ch 15, Jésus se présente à nous comme la VIGNE et son Père comme le VIGNERON. Et nous, chacun de nous, nous sommes les “sarments”, les “branches”, appelés à recevoir la sève de vie et la fécondité pour produire de nombreux fruits, des grappes chargées de bon raisin.

            Même dans ses grands discours, Jésus reste concret : il parle avec des images de la vie quotidienne que tout le monde peut comprendre.

            Je suis la vraie vigne : image concrète, mais audacieuse pour les auditeurs de Jésus. Dans toute la Bible, l’image de la Vigne représentait le peuple d’Israël, vigne du Seigneur. Or Jésus en disant “je suis la vigne” prend ostensiblement la place du peuple tout entier. Il applique à sa personne ce qui est dit du peuple d’Israël. Et il ajoute même qu’il est la « vraie vigne » - comme si Israël n’en était que la préparation, la figure.

            Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Jésus parle ainsi. Il a dit par exemple : « Je suis le “vrai” pain de vie » (Jn 6) ; ou encore, « je suis le “vrai” pasteur » (Jn 10)… Sa mission est vraiment exceptionnelle !

            « Mon Père est le vigneron ». Dans toute la Bible, le vigneron d’Israël, c’était Dieu. L’image était traditionnelle pour traduire l’amour de Dieu pour son peuple. Que fait le vigneron ? En hiver, il taille le bois mort et le brûle. Il émonde les sarments improductifs et nettoie ceux qui donnent du fruit, pour concentrer davantage encore la sève et produire des grappes plus nombreuses.

            Une vigne qui n’est plus taillée, finit par ne donne que des feuilles. Quand on taille la vigne, elle « pleure », disent les vignerons ; en effet, une sève abondante s’écoule avant que la cicatrice bu bois ne se referme. Mais c’est le prix à payer de la réussite.

            C’est une forte invitation qui nous est adressée pour ôter de notre vie ce qui empêche la grâce de Dieu d’agir et de produire avec abondance.

            « Je suis la Vigne : vous êtes les sarments ». Les deux sont liés. Une même sève les nourrit et les unit. Laissons-nous évangéliser par cette image qui nous révèle simultanément qui est Jésus et qui nous sommes. Seigneur Jésus, obtiens-nous la grâce de rester toujours branchés sur Toi, qui es notre Vigne, notre source de tout bien.

            « Demeurez en moi comme moi en vous ». Ce verbe « demeurer » revient très souvent dans le discours de Jésus. Il est prononcé ici huit fois en quatre versets. L’image est saisissante : nous pouvons demeurer en Jésus comme Jésus peut demeurer en nous si nous lui ouvrons la porte ! (Ap 3,20). Demeurer ne signifie pas seulement rester, séjourner, résider, habiter…, mais vivre avec Jésus. C’est une chance inouïe, une grâce, une bénédiction… mais que nous pouvons, hélas ! oublier, négliger… Il en résulte alors un appauvrissement de notre vie et peut être même sa stérilité !

            C’est un appel fort que Jésus nous lance aujourd’hui pour que sa présence accompagne notre vie quotidienne afin de lui donner son sens et sa fécondité. Ouvrons-lui largement la porte de notre vie.

            Commençons par donner à notre communion sacramentelle, tout à l’heure, une plus grande importance. L’Eucharistie est par excellence le sacrement de l’Alliance. Jésus se donne à nous pour demeurer en nous : « qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ».

            Notre vie portera du fruit dans la mesure où elle restera unie au Seigneur Jésus qui l’affirme à nouveau : « En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ».

            En conclusion, retenons ces dernières phrases de l’Évangile : « Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruits. Ainsi vous serez pour moi des disciples », de vrais amis.

            On dit qu’à Nazareth, il y a encore actuellement un cep de vigne qui donne entre 350 et 370 grappes de raisin chaque année…

            Si nous sommes unis intimement au Christ toute la semaine, notre vie, elle aussi, donnera beaucoup de fruits pour la gloire de Dieu et aussi pour la joie et le bien de ceux qui nous entourent.

            Alors notre joie sera vraie et notre vie sera belle !

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