LA FÊTE JUIVE DE "POURIM" le 20 mars 2011
La fête de Pourim dans le judaïsme, rites et origines
La fête de Pourim, fête des hasards, des sorts, est célébrée le 14 Adar, d'un coucher de soleil à l'autre. En 2011, Pourim se fêtera le 20 mars.
Fête d'institution rabbinique, Pourim se célèbre le 14 adar du calendrier hébraïque, soit le 20 mars en 2011.
Célébration du miracle d'Esther qui sauve son peuple de la haine d'Aman avec l'aide de son oncle Mardochée, Pourim marque, à la différence de Pessah, l'intervention voilée de Dieu, qui vient en aide à son peuple sans miracle particulier, mais le récompense de sa foi, de son retour à la Torah et du jeûne accompli pour soutenir Esther.
L’histoire de Pourim : la haine d’Aman pour Mardochée
Le roi perse Assuérus, entre 485 et 465 avant l’ère chrétienne, épouse en deuxièmes noces Esther, sans savoir qu’elle est issue de la communauté juive, à l’époque exilée en Perse.
En effet, après la destruction du premier Temple, le peuple juif est exilé en Babylonie, conquise par Darius qui en fait l’empire perse. Il a fait le serment de ne jamais oublier sa patrie : « Si je t’oublie Jérusalem, que ma droite me refuse son service, que ma langue se colle à mon palais si je ne place Jérusalem au faîte de ma joie » (Psaume 137, 5-6).
Esther est la nièce de Mordékhaï (ou Mardochée), dont l’ennemi juré est Haman (ou Aman), conseiller du roi.
Cette inimitié a un lourd passif générationnel : Haman descend de la tribu d’Amaleq, férocement anti-juive, qui autrefois a attaqué les Israëlites dans le désert. Plus tard, Shaoul, roi d’Israël a épargné Agag, descendant d’Amaleq.
Mordékhaï, qui a refusé de se prosterner devant Haman, descend de Shaoul ainsi qu’Esther.
Haman, qui a l’oreille du roi Assuérus, conspire contre les juifs et instaure le discours antisémite. Il parvient à convaincre le roi. Après avoir tiré une date « au sort » (« Pour », pluriel « Pourim », signifie tirage au « sort »), il envoie des troupes dans toutes les provinces le 13 adar avec ordre d’exterminer les juifs, hommes, femmes et enfants.
Le miracle d’Esther
Esther, après trois jours de jeûne et de prière, demande audience au roi, au péril de sa vie. Elle parvient à lui faire passer son message lors de banquets au cours desquels le vin coule à flots.
Pendant ce temps, Mordekhaï, recouvert de sacs et de cendres interpelle son peuple en se lamentant aux portes du palais. Il invite les juifs à retourner à la Torah, à prier et jeûner pour soutenir Esther et demander l'aide de Dieu pour leur salut.
Esther rappelle au roi qu’en son temps, Mordekhaï a déjoué un complot de ses gardes contre lui, et parvient à le convaincre : Assuérus publie un nouvel édit qui sauve les juifs, et Haman est condamné à la pendaison.
Le 14 adar devient jour de fête et de réjouissances pour le peuple juif, qui doit son salut à l’intervention cachée de Dieu. Il n’a pas opéré là de grand miracle, mais est intervenu de façon détournée, par la prière, la foi et la confiance de son peuple. De fait, rien n’est laissé « au hasard » par Dieu.
Cet épisode n’est pas mentionné dans la Torah car il se déroule après la destruction du Temple de Salomon. Il est en revanche bien présent sous forme de traité dans le Talmud : le traité Méguila, ou traité du Rouleau.
A l’instar du Cantique des Cantiques, le nom de Dieu n’est pas une fois mentionné dans ce traité, pour montrer que l’Eternel est caché dans l’histoire des hommes. Au contraire de Pessah, le miracle de Dieu est ici voilé.
Les coutumes, rites et commandements de Pourim (Mitsvot)
En souvenir d’Esther, Pourim est un jour de jeûne, d’institution rabbinique, et aussi de repentir et de solidarité communautaire. Les personnes faibles et malades, les femmes enceintes ou qui allaitent, les enfants, sont dispensés du jeûne. En accomplissant les Mitsvot (commandements) de Pourim, le peuple juif réaffirme son attachement aux valeurs de la Torah.
On se doit d’aller à la synagogue et d’effectuer la lecture de la Meguila d’Esther, qui se fait à partir d’un parchemin ou rouleau la veille au soir, soit le 19 mars pour l’année 2011, et le matin du 20.
Le lecteur de la Meguila marque une pause à l’évocation du nom de Haman. A cet instant et autant de fois que son nom est prononcé, une crécelle doit être agitée et il est autorisé de taper du pied par terre.
La veille de Pourim et le jour-même (14 adar), un repas copieux et joyeux sera partagé, et le vin sera consommé en quantité raisonnable mais plus que d’habitude, le miracle s’étant effectué par le vin. On offrira des cadeaux comestibles à son entourage en symbole de solidarité dans l’épreuve, les hommes aux hommes et les femmes aux femmes, et on donnera aux pauvres, éventuellement sous la forme d’une contribution pour les œuvres d’Israël, en souvenir de l’obole faite au Temple (mahasit hachekel).
Cette journée est l'occasion de défilés avec de joyeux déguisements, surtout pour les enfants. On mange des beignets dits "oreilles d'Haman".
Relire les belles pages du LIvre d'ESTHER dans la BIBLE :
Ch 2 : Esther devient Reine
Ch 3 : Conflit entre Haman et Mardochée
Ch 4 : Mardochée demande à Esther d'intervenir : prière de Mardochée; très belle prière d'Esther. (Il faut savoir que toute personne qui se présentait devant le roi sans avoir été appelé était mise à mort, Esther le savait : "Seigneur... je vais jouer avec le danger... donne-moi du courage...mets dans ma bouche un langage mélodieux en présence "du lion" et change son coeur... etc." La démarche d'Esther auprès du roi.
Ch 5 : Haman prépare un gibet pour Mardochée. (c'est pour lui qu'il le prépare!)
Ch 6 : Haman est obligéd'honorer Mardochée.
Ch 7 : Disgrâce et mort d'Haman.
Ch.8 : Décret royal en faveur des Juifs.
NB - Le livre d'Esther ne figure pas dans la Bible Juive parce qu'il est tardif et écrit en grec.
Pourtant ils fêtent cette page d'histoire. Fête joyeuse et populaire.