Mt 3,13-17 LE BAPTEME DE JESUS

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mt 3,13-17 : LE BAPTÊME DE JÉSUS

 

            Matthieu met en relief le refus de Jean de baptiser Jésus. Il fallait faire admettre par sa communauté que Jésus ait pu être baptisé par Jean.

            Jésus reçoit son investiture messianique (3,16-17) qui accréditera sa mission et lui en donnera pleine conscience.

            La Voix venant du Ciel semble s’adresser, non à Jésus seul, mais aux assistants : c’est une première “révélationaux foules qui bientôt suivront Jésus et, par elles, à tous les peuples.

            Jésus est le “Fils”. Ce titre rappelle celui appliqué au roi dans le Psaume 2,7. La formule “bien-aimé” rappelle le sacrifice d’Abraham (Gn 22,2.12.16) ; l’expression “en qui je me suis complu” vient du premier chant du Serviteur souffrant en Isaïe 42,1.

            Ainsi, à l’arrière-plan du Messie royal apparaît le Serviteur souffrant.

 

            3,13-15 : Jésus est encore un inconnu. C’est la première démarche de son ministère public. Nous sommes vers les années 27. Luc nous apprend qu’il avait environ 30 ans (Lc 3,23). Ayant laissé toutes ses activités à Nazareth, en Galilée, il vient en Judée, sur les bords du Jourdain, pour recevoir le baptême de Jean. Il se mêle à la foule de ceux qui viennent confesser leurs péchés. Quelle déroutante entrée en scène ! On comprend les hésitations de Jean qui demande à renverser les rôles. Certes, Jean le Baptiste, cousin de Jésus, ayant le même âge, n’était pas encore certain que le Messie qu’il avait décrit au v.11, c’était lui (cf. Jn 1,30-34) ; mais il sentait une telle grandeur, une telle pureté en Jésus, qu’il ne se voyait pas lui donner le baptême de conversion. Pourtant Jésus insiste : il fallait qu’il commence son ministère en rejoignant les pécheurs là où Dieu leur travaille le cœur.

            Ce baptême de Jésus, attesté par les quatre évangiles est un fait historique indéniable ; jamais les premiers chrétiens n’auraient inventé que Jésus se soit soumis à un “baptême de conversion”, si contraire à l’idée qu’ils se faisaient du Messie, si le “fait” ne s’était pas imposé à eux. Si Matthieu insiste sur le dialogue entre Jean le Baptiste et Jésus, c’est bien pour expliquer ce “fait” expressément voulu par Jésus lui-même.

            Jean le Baptiste proteste : il ne comprend pas pourquoi Jésus se présente. Jésus répond : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste ». C’est la première parole de Jésus dans l’évangile selon Matthieu. En une phrase, pleine de maturité et de sérénité, il exprime quelle est sa mission : “accomplir la volonté de Dieu” : « Je fais toujours ce qui lui plaît » (Jn 8,29). « Ce qui est juste », c’est ce qui correspond exactement à la volonté de Dieu. 

            « Alors Jean le laisse faire ». Le texte ne dit pas qu’il a compris, mais, avec beaucoup d’humilité, il s’efface et s’exécute. Lui aussi essaie de correspondre à ce qui est “juste” en cet instant, à ce qui est la volonté de Dieu.

 

            3,16-17 : L’attitude de Jésus et celle de Jean, exprimées dans leur dialogue au bord du Jourdain, puis dans l’acte du baptême, trouvent dans l’intervention divine, qui suit immédiatement, l’approbation solennelle de Dieu lui-même.

            « Voici que les cieux s’ouvrirent ». Dieu se manifeste à tous ceux qui sont là semble-t-il. C’est la confirmation que Jean le Baptiste attendait. C’est la mission donnée expressément à Jésus : « Jésus vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui ». Après le baptême de l’eau donné par Jean, Jésus est baptisé de l’Esprit Saint qui descend sur lui comme l’huile de l’onction qui autrefois désignait le roi (1 Samuel 16,13). Non seulement l’Esprit descend sur Jésus, mais il y « demeure » (Jn 1,33). Jésus est le nouveau David. Un monde nouveau commence. L’Esprit qui planait sur les eaux aux origines du monde (Genèse 1,2) est encore là aujourd’hui.

            « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour ». Après le témoignage de l’Esprit, voici le témoignage du Père. En Orient on parle de « l’épiphanie de la Trinité ». « Celui-ci est mon Fils » s’inspire du Psaume 2,7 : « Tu es mon Fils » qui évoque un messie royal, le nouveau David. « Mon Fils bien-aimé » : renvoie aussi à Genèse 22,2 (+ ton unique : v.12 et v.16) quand Dieu demande à Abraham de lui sacrifier Isaac, “son fils unique et bien-aimé” ; ainsi à la figure du Messie royal vient s’ajouter discrètement l’ombre de la croix. « En lui j’ai mis tout mon amour » : c’est-à-dire, il me comble ; de lui je suis entièrement satisfait ! Quel témoignage ! Trois fois dans la vie de Jésus le Père parle du ciel à haute voix. Une première fois ici ; une seconde fois en Mt 17,5 lors de la transfiguration : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-le » ; une troisième fois en saint Jean 12,28 après l’entrée glorieuse de Jésus à Jérusalem : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore ». A chaque intervention le Père approuve l’œuvre de son Fils. Jésus dira : « Le Père et moi nous sommes un » (Jn 10,30), « Le Père aime le Fils » (Jn 3,35) et « Le Père ne me laisse jamais seul » (Jn 8,16.29 ; 16,32). Jusqu’à son dernier souffle Jésus sera comblé par l’affection de son Père : « Père, en tes mains je remets mon Esprit » (Luc 23,46) puisque « Tout est accompli » (Jn 19,30).

            « Et des cieux une voix disait : Celui-ci… ». Il semble bien que cette voix a pu être entendue par tous les témoins du moment, d’autant qu’elle ne s’adresse pas directement à Jésus, mais qu’elle parle de lui.

            C’est ainsi que la mission de Jésus, Fils de Dieu, Sauveur, vient d’être révélée mystérieusement sur les bords du Jourdain.

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Publié dans MATTHIEU

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