Mt 4,17-22 JÉSUS APPELLE SES PREMIERS DISCIPLES

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mt 4,17-22 : JÉSUS APPELLE SES PREMIERS DISCIPLES

                        « A partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer... »  Nous retrouverons cette expression au départ de Galilée quand Jésus montera à Jérusalem pour sa Passion (16,21). Maintenant du moins, il inaugure sa prédication (3,17), dans les mêmes termes que Jean le Baptiste (3,2) : tous deux se rejoignent dans leur opposition prophétique à Israël endurci et confiant dans ses privilèges de “peuple élu”.

 

            Toutes les conditions sont désormais remplies pour que Jésus entreprenne sa mission. Pour cela, des hommes vont le suivre (4,20.22.25) : non seulement des foules (4,23-25), mais aussi des disciples plus proches (4,20.22). Il lui faut surtout de véritables associés à sa mission : « Je vous ferai pêcheurs d’hommes » (4,19).  D’emblée, il arrache ses premiers collaborateurs à leur milieu familial et professionnel (4,20.22), indiquant la portée symbolique de leur ministère dans le prolongement du sien. À travers eux, avec Simon qui a été placé en tête (4,19), ce seront bientôt les Douze (10,1) représentant  l’universalité de ceux qui suivront Jésus.

            4,18-20 : « Comme il marchait au bord du lac de Galilée Jésus vit deux frères… » Simon et André… qui jetaient leurs filets dans le lac : c’étaient des pécheurs. Le premier acte de Jésus, c’est un “appel”. Il prend l’initiative. Il appelle à le suivre des gens très occupés et en pleine activité professionnelle. Il appelle deux frères. Tout se passe très simplement, comme Matthieu aime décrire les événements, même les plus grands. Or ce premier appel représente un grand événement : le début d’une Église appelée à transformer toutes les Nations…

             « Simon, appelé Pierre… ». Matthieu va un peu vite (ici et en 10,2 et même en 16,16) en ajoutant “appelé Pierre” car Marc nous apprend « que c’est Jésus qui donna ce nom à Simon » (Mc 3,16). Jean, qui est beaucoup plus tardif, le confirme expressément en Jn 1,40, qui donne une autre version de l’appel de Pierre. Marc qui a écrit son évangile avant Matthieu, rapporte le même appel des deux premiers apôtres en disant simplement : « Jésus vit Simon et son frère André… » (Mc 1,16). A en croire Jean (1,35-42) il y aurait eu un premier appel d’André et de Pierre qui auraient suivi Jésus mais tout en continuant leur travail de pêcheur. Ici Jésus les appelle à tout quitter définitivement pour le suivre.

            Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Jésus prend les gens tels qu’ils sont et les transforme. Comme on pêche des poissons, il s’agit de regrouper hommes, femmes et enfants pour les sauver. Simon-Pierre et André sont appelés à suivre Jésus non pour satisfaire des intérêts personnels, mais pour rassembler le nouveau peuple de Dieu. Jésus appelle comme un prophète (1 R 19,19-21). Las rabbins attachaient leurs disciples à l’étude de la Loi. Jésus attache à lui-même ceux qu’il appelle (Mc 3,14).

            « Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent ». Réponse immédiate, inconditionnelle, qui nous surprend toujours ! Cette réponse suppose une telle confiance, un tel enthousiasme, un tel élan, qu’on se demande comment Simon et André  ont pu, sans hésiter, tout quitter pour suivre Jésus qu’ils ne connaissaient pas ! Sinon par Jean le Baptiste dont ils étaient disciples. Jésus devait avoir un pouvoir de fascination étonnant ! On aimerait qu’il l’ait toujours avec nous et dans l’Église aujourd’hui…

            4,21-22 : « Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean… » Ils étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Voilà encore deux frères, mais cette fois-ci avec leur Père, en pleine activité quotidienne. « Jésus appelle Jacques et Jean ». Audace incroyable ! Il y a des priorités qui s’imposent quel qu’en soit le prix !

            « … Jacques et JeanFils de Zébédée »… Jésus appelle des disciples qu’il nommera « fils du tonnerre » (Mc 3,17) qui lui seront très proches, avec Pierre… On les retrouvera tous les trois à la transfiguration (Mt 17,1), à la résurrection de la fille de Jaïre (Mc 5,37) et au jardin de l’agonie (Mt 26,37). Leur père est monsieur Zébédée ; on ne connaît que son nom, mais il a le mérite d’avoir laissé partir ses deux fils, associés à son travail, sur un simple appel, et sans s’y opposer… Subjugué lui aussi par Jésus ?...  L’évangile nous parle aussi de la mère de Jacques et de Jean. Il ne nous dit pas son nom mais nous la présente comme une mère désireuse d’obtenir les deux premières places pour ses fils à droite et à gauche de Jésus dans son Royaume (Mt 20,20-28). La tradition lui donnera le nom de Salomé, sainte femme qui suivra Jésus jusqu’à la Croix.

« Aussitôt, laissant leur barque, et leur père, ils le suivirent ». Là encore, la réponse est immédiate et totale : le travail de la pêche, la barque et les filets, instruments de travail, le père qui est l’employeur familial… Laissant tout ils le suivirent ! Priorité absolue à l’évangélisation. La tâche est urgente, l’appel demande une réponse sur-le-champ…

Voilà les quatre premiers disciples que Jésus appelle à sa suite. Mais ce ne sont pas Jacques et Jean, ni Pierre et André qui ont cherché Jésus. C’est Jésus, dans son amour, qui a pris l’initiative de les appeler. Or un appel comme celui-là ne se refuse pas…

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Publié dans MATTHIEU

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K
c'est un bon site
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