Mt 8,1-4 JÉSUS GUÉRIT UN LÉPREUX

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mt 8,1-4 :   JÉSUS GUÉRIT UN LÉPREUX

           

Jusqu’à maintenant l’évangéliste Matthieu s’est appliqué à présenter Jésus le Messie : sa généalogie, sa naissance miraculeuse et la venue de son précurseur Jean le Baptiseur.

De plus Jésus s’est présenté comme Roi et Sauveur de son peuple, accomplissant ainsi ce qui avait été annoncé d’avance à son égard par les prophètes du Premier Testament. Par son Baptême et sa résistance à la Tentation, il s’est montré qualifié sur le plan moral pour diriger son peuple.

Le Sermon sur la montagne, exposition des principes de son Royaume, est la révélation de sa pensée et de sa volonté. C’est la charte de la Loi nouvelle.

À partir de maintenant, Matthieu va s’appliquer à montrer l’autorité de Jésus, sa puissance et sa compassion. Son ministère reste un équilibre entre son message et ses œuvres : « il enseigne et il guérit » (Mt 4,23). Après avoir présenté l’enseignement de Jésus, en particulier le long “sermon sur la montagne”, Matthieu veut nous montrer par des actes, des miracles, la confirmation et l’authentification de ses paroles.

v. 1 : « Lorsque Jésus descendit de la montagne, de grandes foules se mirent à le suivre. »

L’autorité de Jésus(Mt 7,29) ne se manifeste pas seulement à travers ses enseignements ; elle apparaît également à travers ses actions. Les deux prochains chapitres de Matthieu (8 et 9) vont rapporter des gestes que Jésus a accomplis par la puissance de sa parole (Mt 8,8.16) : soit une dizaine de miracles qui montreront l’autorité de Jésus sur la maladie, sur les esprits mauvais, sur la nature et même sur la mort. Les “grandes foules” qui étaient impressionnés par sa manière d’enseigner (Mt 7,28) vont être maintenant étonnées par la puissance de ses actes (Mt 9,33).

La lecture de ces deux chapitres va aussi interpeller notre foi, par l’accumulation des titres que les premières communautés chrétiennes donnaient au Christ : « Seigneur » (Mt 8,2.6.21.25 ; 9,28) ; « Maître » (8,19) ; Fils de l’homme (8,20 ; 9,6) ; Fils de David (9,27) ; Fils de Dieu (8,29).

v. 2 : « Et voici qu’un lépreux s’approcha, se prosterna devant lui et dit : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier ».

Luc, le médecin, ajoute qu’il était « couvert de lèpre » (Lc 5,12). De toutes les maladies, c’était peut-être la plus redoutée et la plus répugnante. La loi de Moïse déclarait le lépreux impur et exigeait sa mise à l’écart (Lév 13,45-46). De là à considérer la lèpre comme une maladie particulièrement liée au péché. À cause de son caractère censé contagieux, le malade était exclu de la vie de la communauté et, par le fait même, de la participation à la vie religieuse ; aussi était-il considéré comme impur, c’est-à-dire impropre au culte. Dire d’un lépreux qu’il est purifié (v.3), c’est dire qu’il est de nouveau apte à vivre avec la communauté, plus que décrire ce qui advient à sa peau.

On peut donc s’étonner de l’audace et de la foi de cet homme qui brave cette grande foule qui descendait de la montagne et tous les interdits de la loi pour s’approcher jusqu’à venir se prosterner devant Jésus pour demander sa guérison. Quel immense espoir dans le geste de cet homme défiguré et rejeté de tous !

Sa prière toute simple, remplie de foi, est un modèle de prière que nous pourrions si souvent faire nôtre ! “Seigneur” : Jésus est reconnu dans sa puissance. “Si tu le veux” : ce n’est pas une expression de doute, mais d’humble soumission à la volonté de Jésus, qu’il exauce sa demande ou non. La prière de foi ne consiste pas à dire à Dieu ce qu’il doit faire, mais à mettre en lui toute notre confiance.

 

 

v. 3 : « Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : “Je le veux, sois purifié”. Aussitôt il fut purifié de sa lèpre.

Jésus n’avait pas besoin de toucher cet homme pour le guérir (Mt 8,8). Or il touche délibérément le lépreux, ce qui constitue une impureté légale ; et c’est ce contact plein d’amour qui purifie le lépreux. En touchant le lépreux, Jésus ne se souille pas, il rend pur ! Ce geste symbolique et fort illustre concrètement ce que Jésus avait affirmé dans le discours qui précède, à savoir que l’amour et la miséricorde sont plus importants que les rites et les sacrifices (cf. 9,13 et 12,7). Il donne ainsi une autre signification aux catégories de “pur” et d’“impur” (Mt15,18-20).

v. 4 : « Jésus lui dit : “Attention, ne dit rien à personne, mais va te montrer au prêtre. Et donne l’offrande que moïse a prescrite dans la Loi : ta guérison sera pour tous les gens un témoignage. »

Pourquoi ne rien dire à personne” alors que cette guérison doit être “un témoignage pour tous les gens » ? En fait Jésus ne veut pas que ses guérisons et ses miracles éclipsent dans l’esprit du peuple sa mission primordiale qui est de “venir chercher et sauver ce qui étaient perdus”.

Va te montrer au prêtre” : la législation ancienne (Lv 14,2-32) avait été formulée à une époque où le prêtre était le principal personnage de la vie sociale et religieuse. C’était à lui, par conséquent, qu’il revenait de reconnaître qu’un malade exclut de la communauté était guéri et pouvait donc y rentrer.

 

« Rien n’est impossible à Dieu ! » (Luc 1,37)

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Publié dans MATTHIEU

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