Mc 15,27-32 JÉSUS EN CROIX EST INSULTÉ

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mc 15,27-32  JÉSUS EN CROIX EST INSULTÉ

( voir aussi Matthieu 27,38-44 ; Lc 23,35-38 )

Les principaux manuscrits anciens ne connaissent pas le verset 28 qu’on lit dans la traduction latine et d’autres manuscrits : « C’est ainsi que s’accomplit l’Écriture qui déclare : Il a été considéré comme un criminel. » Ce verset s’inspire de Luc 22,37, qui reprend lui-même Isaïe 53,12.

v. 27 : « Avec Jésus on crucifie deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche ».

Marc ne distingue pas les sentiments différents des deux larrons, comme le fera Luc (Lc 23,39-43). Il indique simplement ce que sera la dernière compagnie de Jésus, ce qui n’est pas véritablement honorable. Il occupe la place du milieu, comme s’il était le pire des trois “bandits” !

La communauté se souviendra des disciples qui désiraient siéger « l’un à droite, l’autre à gauche » de Jésus dans sa gloire (Mc 10,37). « Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire ? ». La catéchèse de Marc se poursuit, précisément ici, au lieu du Crâne. Le nouveau disciple doit savoir à quoi il s’engage.

v. 29 : « Les passant l’injuriaient en hochant la tête : « Hé ! toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, »

v. 30 : « sauve-toi toi-même, descend de la croix ! »

v. 31 : « De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui avec les scribes, en disant entre eux : « Il en a sauvé d’autres, et il ne peut pas se sauver lui-même ! »

v. 32b : « Même ceux qui étaient crucifiés avec lui l’insultaient ».

C’est la troisième scène d’humiliation depuis le début de la passion de Jésus.

Tous l’insulteront ou se moqueront de lui : les passants (v.29) ; les grands prêtres et les scribes (v.31) ; enfin les bandits crucifiés avec lui (v.32b).

On se moque de ses prétentions : celle de pouvoir rebâtir le Temple en trois jours (v.29) ; d’avoir sauvé d’autres personnes (v.31b) ; d’être le Messie et le roi d’Israël (v.32).

Les moqueries des passants (vv.29-30) rappellent, en les déformant, les paroles de Jésus sur le vrai sens de la vie, au centre de l’Évangile : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix et qu’il me suive. En effet qui veut sauver sa vie la perdra ; mais qui perd sa vie, à cause de moi et de l’Évangile, la sauvera » (8,34…).

La mort de Jésus est mise en relation avec la destruction du Temple (vv.29-30.38), comme ce fut déjà le cas lors du procès devant le Grand Conseil, et comme l’avait présagé la parabole des vignerons homicides (14,58 ; 12,5-11).

De fait, Jésus rebâtira en trois jours le temple de son corps (Jn 2,18-22) ; il sera sauvé en ressuscitant, mais pour en sauver d’autres (1 Co 15). La moquerie deviendra réalité. « Sauve-toi » (vv.30-31) : c’est le salut de tous les hommes que Jésus obtient : il accomplit son “service” (Mc 10,45).

v. 32a : « Que le Messie, le roi d’Israël, descende maintenant de la croix ; alors nous verrons et nous croirons. »

« Qu’il descende de la croix ! » Une telle demande nous reporte à la scène où le tentateur suggère à Jésus de mettre à son service la puissance céleste, pour établir hors de tout doute, qu’il est le, Fils de Dieu (Mt 4,1-11).

Jésus avait déjà promis aux mêmes moqueurs un seul signe, celui de sa propre résurrection (Mt 12,38-39). Le signe ne porte aucun fruit, si le cœur n’est pas disposé à l’accueillir humblement (Mc 6,5-6 ; voir 2,5 ; 5,34 ; 10,52).

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