Mt 6,14-15 CAR, SI VOUS PARDONNEZ AUX HOMMES...

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mt 6,14-15 : « CAR SI VOUS PARDONNEZ

                                      AUX HOMMES LEURS FAUTES… »

 

v. 14 : « Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes

                        votre Père céleste vous pardonnera aussi.

V. 15 : « Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes,

                        à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes. »

Saint Matthieu a trouvé que le verset 12 du Notre Père : « Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient » risquait d’être dit trop vite… et qu’il était bon d’y insister davantage en ajoutant ici un autre enseignement de Jésus.

Ces deux versets rappellent d’ailleurs la parabole du roi qui remet à l’un de ses serviteurs une dette exorbitante, alors que ce serviteur exige violemment d’un de ses compagnons, le remboursement immédiat d’une somme minime, s’attirant ainsi le châtiment sévère de son généreux bienfaiteur : « Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eut tout remboursé. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur. » (Mt 18,23-35)

Cette parabole nous montre bien que le pardon de notre Père est toujours premier et qu’il nous est toujours offert gratuitement. C’est le pardon que nous recevons quotidiennement de Dieu qui nous donne la force et comme l’obligation morale, la décence, de pardonner à notre tour.

On est donc bien loin de l’idée que Dieu nous récompense des pardons que nous donnons en nous pardonnant. C’est parce que nous sommes d’abord pardonnés que nous pouvons pardonner. Et ces pardons que nous parvenons à donner, avec sa grâce et son aide, augmente en nous la capacité d’accueillir en plénitude, pour nous-mêmes, le pardon de Dieu.

Cependant si comme le “serviteur mauvais”, après avoir été pardonnés par notre Père, nous refusions le pardon à nos frères et à nos sœurs, alors nous ne serions plus en communion avec notre Père, et nous aurions à rendre compte de toutes nos infidélités et de toutes nos fautes. Nous nous exclurions nous-mêmes de la grâce de son pardon.

On raconte de saint Abraam, évêque de Fayoum (Égypte), que deux parties en conflit avaient demandé son arbitrage. Après de longs palabres, aucune réconciliation ne semblait possible. Il leur proposa alors de se lever et de prier. Le saint évêque prononça simplement le Notre Père d’une voix lente et claire. Quand il arriva à la phrase : « Pardonne-nous nos offenses… », il dit : « Ne nous pardonne pas nos offenses, comme nous ne pardonnons pas non plus à ceux qui nous ont offensés ». Un des participants l’interrompt alors pour le corriger. Le saint répondit en disant : « Mes fils, nous ne devons pas mentir à Dieu et lui dire “comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés”, alors qu’en vérité nous n’avons pas pardonné. Il faut plutôt dire la vérité et ne pas se faire d’illusions en croyant que Dieu a agréé notre prière. » Les adversaires se mirent alors à regretter leur comportement. Ils demandèrent à l’évêque l’absolution et sa bénédiction et ils acceptèrent de se réconcilier. Ils récitèrent tous ensemble, avec le Saint, le texte vrai du Notre Père

Si Jésus nous a dit : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux » (Matthieu 7,12), cela implique, à plus forte raison que tout ce que nous voulons que Dieu fasse pour nous et avec nous, nous devons aussi le faire pour lui et pour les autres.

« Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander :

“Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi,

combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ?” 

Jésus lui répondit :

“Je ne te dis pas jusqu’à sept fois,

mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois !” »

(Mt 18,21-22).

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Publié dans MATTHIEU

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