Mt 6,25-34 VIVRE DANS L'INQUIÉTUDE OU DANS LA CONFIANCE

Publié le par GITANS EN EGLISE

Mt 6,25-34 : VIVRE DANS L’INQUIÉTUDE

OU DANS LA CONFIANCE ?

           

Les versets qui terminent le chapitre 6, sont regroupés autour du thème de l’inquiétude, des soucis ou des tracas, mentionnés six fois. Face au choix radical dicté par les versets qui précèdent, le croyant peut être amené à un appel de détresse : il faut aussi penser à soi ! Matthieu lui répond en l’invitant à s’en remettre entièrement à Dieu, un Père plein de tendresse : nous sommes sa créature et son enfant ! Vivons dans la confiance !

Jésus ne condamne ni le travail, ni la prévoyance. Il s’en prend au travail poursuivi dans l’anxiété ou l’angoisse du lendemain, de même qu’à l’accumulation de biens dans lesquels on croirait trouver la sécurité. L’inquiétude est l’excuse par excellence du matérialisme. Il est important de voir la différence entre la prévoyance et l’inquiétude. La prévoyance est commandée par le Seigneur (Prov 6,6-8 ; 30,25). Celui qui ne pourvoit pas aux besoins de sa famille est pire qu’un incroyant (1 Tm 5,8). L’inquiétude, par contre, est une faute, un refus de croire que Dieu nous accompagne et s’intéresse à notre vie. Jésus rappelle à la fois la folie de ce manque de confiance en notre Père du ciel et sa futilité. Les assurances que nous trouvons dans ces versets sont parmi les plus belles et les plus réconfortantes de toutes les Écritures. Le disciple est donc instamment invité à mettre toute sa confiance en Dieu, de sorte qu’il ne soit pas partagé entre le service de Dieu et la recherche anxieuse des biens nécessaires à sa subsistance.

« Si ces versets sont dominés par le verset 33, comme le confirme tout le contexte de l’évangile, ils n’enseignent ni une confiance passive et soi-disant orientale en la Providence, ni le mépris des besoins du corps opposés à ceux de l’âme, ni l’optimisme insouciant caractéristique des civilisations agricoles ; ils appellent l’homme à une recherche de l’essentiel et, en conséquence, à une simplification paisible de son train de vie. » (P. Bonnard).

v. 25,31,34 : « Ne vous faites pas tant de soucis… »

            Ce commandement de Jésus est répété trois fois, et il nous en dit le pourquoi. Nous ne devons pas nous inquiéter, parce que :

1.    Si Dieu s’occupe des moindres de ses créatures, à combien plus forte raison de ses propres enfants. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? (v. 26). Les oiseaux nourris par Dieu lui-même nous regardent semer, récolter, engranger… Les lis des champs habillés par Dieu lui-même sont mieux vêtus qu’un roi… Toutes ces images sont là comme pour nous dire : Vivez, mais vivez donc dans la confiance ! Le « Père qui voit dans le secret » est là pour faire fructifier le travail de vos mains. Vivez dans la sérénité sous son regard.

 

2.    L’inquiétude est parfaitement inutile, et ne peut rien changer dans une situation donnée. Qui d’entre vous, à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence ? (v.27). C’est une question de bon sens tout simplement. Prenons le temps de nous « relaxer » : la solution sera plus facile à discerner !

 

3.    L’inquiétude est indigne d’un enfant de Dieu ; elle le rend semblable à ceux qui n’ont pas d’espérance. Tout cela, les païens le recherchent. (v. 32). On retrouve fréquemment chez Matthieu, et souvent dans la bouche de Jésus, comme ici, l’expression : « hommes de peu de foi ! » (v. 30). Elle vise les chrétiens qui, tout en appartenant à la communauté, ont une foi insuffisante. Ils ne vont pas assez loin dans la confiance ! (voir : Mt 6,30 ; 8,26 ; 14,31 ; 16,8).

 

4.    L’inquiétude n’est pas nécessaire, car Dieu promet formellement de pourvoir aux besoins de celui qui s’est donné les orientations de l’Évangile. Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. (v. 33). La prière du Notre Père en donne l’exemple en parlant d’abord des intérêts du Royaume (6,9-10), puis ensuite des besoins de l’homme (6,11-13). Le Notre Père présente Dieu comme l’artisan de la justice. Dieu « ne refuse aucun bien à ceux qui vont sans reproche » (Ps 84(83),12). « Lui qui n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous ; comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? » (Romains 8,32).

 

L’inquiétude ajoute inutilement aux fardeaux de notre vie. « Ne vous faites pas tant de souci pour demain : demain se souciera de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine » (v. 34). Tous les soucis que nous pouvons nous faire aujourd’hui pour notre avenir n’allègeront en rien les difficultés de demain !

Saurons-nous prendre au sérieux, pour nous, dès aujourd’hui, ces conseils si actuels (la dépression guette tant de monde autour de nous !) que Jésus a voulu nous donner en les illustrant d’inoubliables images prises dans notre vie de tous les jours ?

« Fais confiance au Seigneur, agis bien…

Il comblera les désirs de ton cœur ! » (Psaume 37(36),4).

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Publié dans MATTHIEU

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